Publié le 18 Septembre 2017

Livre très brillant avec une belle écriture, une construction exceptionnelle, chaque chapitre est raconté par un protagoniste qui peut être une couleur, et très instructif sur la société turque de Constantinople à la fin du 18ème siècle.

Mais il s'agit plus que cela, il y a une histoire d'amour pas si simple, une histoire de changement d'histoire car on passe de la peinture qui représente ce que Dieu voit à une peinture qui représente ce que l'homme voit, une histoire de crime atroce suivi d'un autre crime atroce. Tout se répond comme dans un miroir infini.

Pamuk explique aussi les conséquences du changement de représentation graphique sur la mentalité des hommes, le fait que n'importe qui peut se faire réaliser son portrait, ce n'est plus l'apanage des sultans de posséder des peintures (cachées aux yeux de tous).

Tout le récit, magnifique par ses descriptions, est empreint aussi de violence : violence physique, morale, insécurité de la position sociale. Il révèle aussi la crainte et la détestation de l'Occident, une défiance qui ôte toute curiosité et empêche toute évolution. Celle-ci ne peut venir que de Chine, de Mongolie, mais rien de bon ne peut venir de l'Occident. Très instructif.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature turque

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Publié le 18 Septembre 2017

Histoire dérisoire car elle fonctionne sur un humour décalé : il s'agit de la vie quotidienne d'une famille qui vend des articles pour se suicider. Le magasin est dans un environnement futuriste de tours désaffectées, de mosquées transformées en appartements ... On observe l'évolution de cette famille dûe à la bonne humeur - bien curieuse - du dernier rejeton.

Certains passages évoquent "L'herbe rouge" de Boris Vian mais sans aucune mesure car on referme celui-ci rapidement tant il est irritant et inutile.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 18 Septembre 2017

Livre d'abord très bien construit, un véritable roman, on a du mal parfois à croire qu'il s'agit d'une histoire vraie, et qui plus est, que celle-ci est celle de l'ancien président des Etats-Unis.
Quel recul pour un livre écrit à 28 ans et quelle écriture ! Toni Morrison a dit de lui qu'il est un véritable écrivain.
 
La deuxième dimension du livre, et la principale, c'est la découverte d'une personne suprêmement intelligente et en même temps d'un courage et d'une énergie incroyable. Il raconte en détail - c'est peut-être un moment un peu long du livre - ses activités d'organisateur à Chicago et on le voit pendant trois années faire du porte à porte pour aider les noirs pauvres à sortir de leur situation : des cafés, des manifs à huit personnes ... 
 
Il ne juge pas, il apprend en observant les autres, il cherche toujours à les comprendre et c'est sa générosité. Bien évidemment, il apprend à comprendre pour ensuite saisir sa propre histoire familiale très compliquée parce que celle-ci repose sur des cultures qui se sont toujours opposées historiquement. Ces deux mondes l'appellent et il les aime tout autant, sans en préférer l'une à l'autre parce que les deux familles sont ouvertes, généreuses de coeur tout comme lui. Quelle famille ! On a du mal à se représenter ce que cela signifie mais tout est éclairci à la fin du livre par le récit de la grand-mère paternelle qui raconte comment son mari a vécu de la meilleure façon possible l'arrivée des blancs au Kenya, en prenant ce qu'il fallait et sans renoncer à la coutume ancestrale. Elle non plus ne juge pas, elle va à l'essentiel. C'est magnifique.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 15 Septembre 2017

On s'inquiète au début, est-ce du Barbara Cartland ? On s'énerve ensuite puis on s'interroge "Est-ce le même auteur qu'American Darling" ?

On termine écoeuré d'avoir perdu son temps et surtout perdu un auteur fascinant et intelligent. C'est très très nul.

Je vais vous expliquer pourquoi : c'est l'histoire invraisemblable d'une jeune fille gâtée qui n'en fait qu'à sa tête. Tout est décrit en détail, le club de papa, les amis de papa et tous les atermoiements de ce petit monde si peu touchant et intéressant. Sujet incroyable de vacuité.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 11 Septembre 2017

Le sujet de ce document est la vie de Brasillach, écrivain et journaliste français pendant puis après l’occupation allemande. Cet homme, reconnu par ses pairs, écrit des romances mièvres et des articles dans « Je suis partout ». C’est un rédacteur loin d’être sentimental quand il dénonce des gens ou demande à ce que les enfants juifs soient emmenés avec leurs familles en déportation. Il sera un des premiers accusés lors des procès de l’épuration.

Alice Kaplan décrit en détail le contexte social et politique de l’époque, par exemple sur quels registres les magistrats vont jouer pendant le procès, les équilibres entre les communistes et les gaullistes, l’émergence de nouveaux journalistes comme Camus et son journal Combat, la place des écrivains dans la société … 

Passionnant de bout en bout mais fait froid dans le dos aussi

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 7 Septembre 2017

Ce livre présente bien l'origine de la violence. Il y a les fondements quand le héros tout jeune se fait voler le vélo qu'il vient de recevoir. Il est frustré et ne voit pas plus loin. Le vélo est retrouvé chez un autre petit garçon qui l'a reçu aussi en cadeau. Lui n'en aura jamais un autre, parce que ce vélo a été acquis au prix d'énormes sacrifices, ce qui n'est pas le cas du héros. Cela va lui être expliqué mais c'est un enfant, il veut récupérer son vélo et l'employé de la maison qui l'accompagne va reprendre le vélo. Pourtant le garçon est sensible et intelligent mais la force domine et c'est elle qui a raison.

Ainsi, l'éducation et la transmission des valeurs sont au centre de ce magnifique récit. Elles peuvent éviter la violence, les guerres. Elles nécessitent le dialogue, l'acceptation des différences, le respect tout simplement.

Ce qui frappe est cette écriture très délicate, enchanteresse, limpide, pour raconter le meilleur puis le pire. Livre à lire absolument pour voir autrement tous ces gens qui "veulent" venir chez nous.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 22 Août 2017

Livre au rythme rapide, haletant, à lire vite pour ne pas perdre une once de détail fondamental, et qui nous entraine dans la folie totalitaire soviétique.

Le héros est la victime parfaite, artiste candide, doté d'une belle personnalité ouverte et heureuse, comme toute personne épanouie par son art. Il est coupé brutalement de sa famille et de sa musique. Sa famille plonge dans le malheur aussi.

Les chapitres alternent entre l'inéluctable descente aux enfers de cette famille idéale et la traque du petit-fils Sacha. Celui-ci a payé un lourd tribu sans en connaitre les raisons. Il va chercher à les comprendre.

Certains chapitres se terminent parfois brutalement, ajoutant une nouvelle énigme. Le rythme est époustouflant, l'écriture est tellement parfaite que l'histoire semble vraie.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 17 Août 2017

C'est une histoire racontée à l'oreille, comme une confidence, constituée des récits des ancêtres d'Alice Munro. Ils viennent de contrées lointaines et hostiles, au delà des mers, là ou seul le lichen pousse, où on est obligé d'inventer, de voir des fées et des fantômes, pour supporter la fatalité.

Ensuite il y a la longue traversée en mer sans espoir, mais avec la ferme volonté d'en finir avec l'Ecosse. Viennent ensuite les constructions en rondins pour maisons, les frères et soeurs qui passent leur vie entière ensemble, faute d'avoir su faire autre chose que subsister. Enfin arrivent les grands-parents, épanouis, qui vivaient de peu, rythmés par les saisons et quand il fallait un peu plus d'argent, prenaient un veau de plus.

Les meilleures pages sont celles de l'enfance d'Alice, pages pleines de grâce, d'images, de ressentis de la nature. Difficile alors de terminer car la maladie et la mort s'invitent ... la vraie vie en somme.

Attention, ce livre demande un peu d'effort, surtout au début; il faut lâcher prise et prendre ce que l'auteur a bien voulu nous donner, comme un cadeau.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 9 Août 2017

Récit de la débâcle de 1940 en France, écrit au moment des faits, ce qui surprend énormément car le style et la force de l'écriture sont très modernes.

La capitulation est vécue différemment selon la situation de chacun : il faut préserver ses possessions, garder son statut social .... certaines scènes sont cruelles ou jubilatoires. Seule la nature, très joliment décrite, semble avoir toute sa raison dans ce monde de fous.

Impossible de s'ennuyer avec ce récit où il se passe tout le temps quelque chose, avec des personnages hauts en couleur comme cette mère, aveuglée par l'amour pour son fils, d'une bêtise et d'une méchanceté plus vraie que nature. Irène Némirovsky réussit à dépeindre une histoire d'amour crédible avec un allemand, sans juger, alors qu'elle aurait pu elle aussi être aveuglée par la haine de tous les allemands.

A ce propos, il faut lire les notes et correspondances proposées après le récit, elles font froid dans le dos. L'arbitraire est horrible, injuste et nous guette sans cesse, sauf que nous ne sommes attachés qu'à nous-mêmes et à l'instant, ce qu'elle montre si bien dans ce livre. Difficile de ne pas penser à tous les réfugiés qui affluent chez nous, victimes de l'arbitraire chez eux et ici. La famille d'Irène Némirovsky avait déjà été persécutée en Russie et c'est terrible que la génération suivante n'aie pas pu être sauvée du désastre et n'ai pas choisi de s'installer ailleurs qu'en France.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 8 Août 2017

Attention à ne pas se laisser piéger trop vite par les personnages à première vue bien stéréotypés. La vérité est toujours plus complexe. Aucun n'est parfait, il est juste humain. Notre vision des faits s'élargit au fur et à mesure que le récit est raconté par un des personnages, dont les pensées nous sont par moments révélées. Chacun est radicalement différent des autres, et constitue à lui seul une histoire. Régulièrement la situation peut basculer ou s'améliorer et l'auteur montre avec brio que tout tient à un fil, une vexation au mauvais moment par exemple.

Le livre donne à voir la société australienne et le microcosme grec dans cette société. Il y a du machisme, de la violence, du sexe, et rien n'est gratuit. Un enfant reçoit une gifle et tout bascule. Il n'est pas éduqué et agresse les autres, persuadé sans cesse par sa mère qu'il est victime des autres ...

Cette histoire nous dépeint nos préjugés, vécus comme une fatalité, la solitude des êtres face à leurs choix, les compromis dans le couple, le ressenti de la maternité, la transmission des valeurs ... et en quoi peut-on affirmer qu'une vie est réussie ? Histoire très riche, très profonde, pleine de surprises et déconcertante parfois.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature australienne

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