Erreur sur la victime ou Fillon pas bon

Publié le 13 Mars 2017

Une mauvaise comédie vient de se dérouler en trois actes.

1er acte : il est accusé de quelque chose et il ne comprend pas de quoi. Normal, il est tellement hors de la réalité.

2ème acte : il s’excuse mais sans jamais dire à quel propos et promet de partir si il est mis en examen.

3ème acte : mis en examen, il fait alliance avec son pire ennemi pour garder la place, aux dépends de celui qui pouvait encore donner des chances à son parti.

 

Moralités :

  1. Il sacrifie sa femme. Savait-elle tout ce qu’elle gagnait ? On est en droit de se poser la question, elle a l’air perdue, elle ne dit rien. Qui voudrait d’un responsable exposant sa femme jusqu’au bout, pour sa propre ambition ? Quelle ironie pour une personnalité politique qui met en avant la famille, à moins que sa conception soit la suivante : le père dirige sa famille en fonction de lui.
  2. Il sacrifie son parti. Tout le monde panique, veut partir ou surtout le faire partir. Il s’accroche. Certains tentent de le raisonner. Non, il n’est pas raisonnable et après quelques manigances et concessions, l’autre candidat potentiel et lassé est évincé.
  3. Il se pose en victime, défense du pauvre sans défense. Qui peut croire qu’il en est une alors qu’il ne réalise pas que 7000€ par mois feraient le bonheur de beaucoup ? Or il s’agit ici d’un « complément » à tous ses traitements de député, ex premier ministre et j’en passe. A-t-il déjà acheté un ticket de métro ou un pain au chocolat ? Son énorme décalage avec la vie de tous ne l’empêche pas de se présenter en martyr des médias. Il semblerait que personne n’a pu lui expliquer en quoi cela pouvait être grotesque ou pathétique. A moins qu’il n’aie pas compris, ou pire pas voulu comprendre …

 

Voilà un homme tellement hors sol qu’il ne sait plus mesurer la gravité des faits, ne pense qu’à lui, quitte à sacrifier sa femme, son parti, sans jamais se demander ce que peuvent penser ses électeurs. Il ne lui vient pas à l’idée - peut-être faute de ne pas l’avoir fait depuis trop longtemps - de dire précisément l’objet de ses excuses. Or il répète à l’envi qu’il s’excuse, ultime geste de bonne volonté de sa part ?

 

Cette attitude est une violence à l’encontre de la démocratie, elle fait le jeu de Marine Le Pen qui dénonce à tour de bras le système.

 

Nous méritons mieux que cela, nous avons besoin de personnes exemplaires.

Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai entendu dans notre belle campagne privilégiée des propos bizarres.

« J’ai 70 ans, et je paie des impôts depuis l’âge de 20 ans ». Eh bien oui, pourquoi devrai-je en payer ? pourquoi ne pas profiter aussi ? et c’est pour payer les députés ?

« Je pense qu’ils sont tous juifs dans le gouvernement » Oui, vous avez bien lu, cela me laisse coite …

 

Allons, ne baissons pas les bras, il y a plein de gens bienveillants, pétris d’humanité, malgré tout.

Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Eclat de voix

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Jean-François Dhôte 13/03/2017 18:02

Salut Objectif Livre

Pour alimenter des discussions animées lors de notre prochaine rencontre, je t'expose ci-dessous un autre scénario, que je trouve beaucoup plus réaliste dans ses grimaces de commedia del arte. Je suis tout à fait convaincu par le programme de Fillon, et fais activement campagne pour lui sur le net.

Macron est le faux-nez de Hollande, et comme beaucoup de Français je n'ai pas envie de rempiler pour 5 ans des mêmes âneries. Mélenchon bat l'estrade, comme toujours avec brio (on dit "bravo l'artiste" comme on faisait pour Arlette Laguiller, sans que cela tire à conséquences sur le fond), et Hamon apporte une touche de fantaisie dans la grande débâcle du PS, qui aura donc vécu environ 45 ans. Quant à Le Pen, elle est avec Fillon la seule à avoir compris la fracture territoriale, elle en joue très habilement mais je ne vais pas voter pour une bande d'irresponsables qui veulent mettre le pays en faillite en 6 mois.
Voilà, donc reste Fillon qui, c'est intéressant, paraît beaucoup plus précis dans son diagnostic et plus stable dans ses préconisations que ne l'étaient Sarkozy et Juppé. Va donc pour Fillon.
Après, ce que les médias appellent l'affaire Fillon apparaît pour ce qu'elle est, c'est-à-dire une manipulation de l'opinion par quelques barons consanguins (notre moderne quarteron de généraux à la retraite : Bergé, Minc, Attali etc…), aux fins de l'enfoncer pour faire passer Macron. Une farce exemplaire et efficace, et la ficelle est un peu grosse pour que ça finisse bien (je ne parle même pas des sondages, une plaisanterie comme d'habitude).
Si Macron passe contre Le Pen, nous aurons donc Le Pen. Si c'est Fillon-Le Pen, nous avons une chance de renvoyer Le Pen à ses chères études. Si c'est Macron-Fillon, eh bien que le meilleur gagne !

Bises d'Aurélia et moi (je précise qu'Aurélia ne goûte pas du tout mon scénario...)

Hélène 13/03/2017 20:46

Merci pour ton commentaire, d’autant plus qu’il est contradictoire. Je me fiche de savoir d’où vient le coup porté à Fillon (Rachida qui avait juré de se venger ?), je suis atterrée par sa personnalité, sûrement idéale pour bien diriger nos intérêts français …
Je suis très inquiète parce que je sais surtout pour qui je ne veux pas voter.
Bises à vous deux

Josquin 13/03/2017 10:28

Présenté de cette manière, ça fait carrément peur. Hélas c'est une synthèse plutôt objective...