Publié le 27 Novembre 2017

Ce récit se situe entre le Sénégal et le Mali, au début du vingtième siècle, à l’époque de la domination coloniale française. Le héros est Wangrin, personnage haut en couleurs. Il a souhaité que son histoire soit racontée et transmise aux générations suivantes par Hampâté Bâ.

L’histoire débute au moment où Wangrin a son premier contact avec un colon français et il décide immédiatement de prendre la place de l’interprète de celui-ci. Il estime qu’il parle mieux français et son ambition ne fait que commencer. Les griots et marabouts vont jouer un rôle important dans l’ascension sociale de Wangrin. Les griots sont les communicants, ils traduisent en discours les volontés politiques, les idées de leurs chefs. Les marabouts exécutent les volontés de façon magique, avec des règles ancestrales, venues du fond des âges, fascinantes pour nous occidentaux au début du siècle suivant.

C’est un document sur les règles et coutumes de ces peuples. On y découvre combien des chefs locaux possédaient d’immenses richesses : têtes de bétail, or, pierres précieuses. Ils étaient très puissants mais la colonisation les a fait disparaitre, en particulier en obligeant ces familles à envoyer leurs enfants à l’école des otages (oui, c’est bien le nom!). Cette école enseignait plus que le français, elle « modelait » à la façon occidentale ces enfants de familles dotées de pouvoir. Ce seront les membres de ces familles riches qui iront ensuite sur le front de la première guerre mondiale, combattre aux côtés des français. Est-ce que les français qui les ont côtoyés à cette occasion ont pu imaginer l’importance locale et la richesse de ces gens ? Pas sûr, car les noirs n’étaient pas toujours considérés à ce moment-là comme des hommes à part entière.

Wangrin pourrait irriter à force de saisir toutes les occasions pour grimper à l’échelle sociale, parfois en écrasant sur son passage des gens de bonne volonté. Car ce récit est une succession de faits pour asseoir la réussite de Wangrin, cet insatiable manipulateur. Peut-on lui en vouloir ? La postface de l’auteur nous éclaire sur ce Wangrin : il était d’une famille importante, et a donc suivi les enseignements de l’école des otages. Or il a l’intelligence de combattre les colons avec leurs armes, et aussi ceux qui assistent avec zèle les colons. En redistribuant une partie de ses richesses aux pauvres, il perpétue le rôle qu’il aurait dû avoir si la colonisation n’avait pas eu lieu.

A lire sous cet angle.

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature malienne

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Publié le 23 Novembre 2017

Il se précipite dans le taxi. La pluie a commencé à tomber et de toutes façons, il était déjà très en retard. Comme toujours. Le retard est un bon signe. Etre débordé, c’est une vie remplie, sans temps morts.

Il écoute distraitement les informations à la radio pendant la consultation de ses derniers mails. Les trottoirs brillent. Qu’il est bon d’être confortablement assis au sec quand l’eau tambourine sur les vitres. Entendre le bruit des gouttes s’écraser contre les parois lui a toujours donné une sensation apaisante de réconfort.

Ce moment entre chien et loup procure une lumière magique sur la chaussée. Les éclairages de toutes sortes apportent un halo particulier. C’est un décor tout en reflets et en même temps triste. 

Il relève la tête un moment pour vérifier que le trajet emprunté est celui qu’il aurait choisi aussi. A cette heure-là, les embouteillages peuvent faire basculer un emploi du temps chargé. Il se demande alors ce qu’Isabelle pouvait bien faire à cet instant. Est-elle déjà rendue à ce dîner ? Quel ennui ces dîners passés à donner son avis sur la dernière exposition de peinture, le dernier film d’untel, la pièce de théâtre donnée à l’Odéon. La photographie est plus simple ; le flou ne le dérange pas. Les errances des photographes l’amusent plus qu’elles ne l’interrogent. Il y a presque de la jubilation à les regarder se mettre en scène, faute d’avoir pu s’extraire d’eux-mêmes.

La circulation est toujours dense, les phares allumés des voitures composent un ensemble mouvant et peu coloré. Il rajuste sa cravate au moment où le taxi se gare devant l’immeuble. En cherchant de l’argent dans sa poche, il s’approche du conducteur et reste figé. Ce visage lui est familier et en même temps, il est incapable d’y mettre un nom. Le temps s’arrête jusqu’à ce que le chauffeur lui rende la monnaie, sans lui avoir jeté un seul regard.

Il se reprend et ouvre rapidement son parapluie. Il sonne à l’interphone après avoir composé un premier code. Une voix familière lui dit que la porte serait ouverte et lui rappelle l’étage. Arrivé à l’appartement, il salue tout le monde. Sa femme n’est pas encore arrivée. 

« -Quelle heure peut-il bien être ?

- L’heure de l’apéritif, c’est sûr.

- Nous pouvons commencer car les autres arriveront plus tard. De toutes façons, avec cette circulation …

- Moi je prends toujours le métro, c’est plus sûr.

- Plus sûr comment ?

- Pour maîtriser le temps du trajet.

- J’ai de plus en plus de mal avec le métro. L’odeur est toujours la même. Tous les gens ont le regard vide, je ne m’y fais pas. Remarque, avoir le regarde vide est le meilleur moyen d’être tranquille. Si par malheur tu croises le regard d’un type, celui-ci ne te lâche plus, voire pire, il te suivra à ta descente de rame …

- Et puis il y a ces chanteurs qui te cassent la tête et ceux qui font la manche.

- C’est vrai et en même temps, c’est tellement pratique de prendre le métro. Je ne regarde pas tout ça. J’oublie. Je pense à autre chose.

- Moins je prends le métro, plus je trouve ça pénible. Tous ces gens, je ne sais pas. Après j’y pense encore et souvent, je ne suis pas prête à affronter ça.

- Pourtant c’est ce que tout le monde prend comme moyen de transport. A moins d’être une vedette de cinéma ou un cadre supérieur hautement stratégique.

- Oui, ben moi, le métro me déprime que veux-tu ?

- Qui veux un petit blanc acheté sur place en Bourgogne ?

- Moi je veux bien j’adore.

- Moi aussi finalement. »

L’ennui commence déjà à le submerger alors que la soirée ne fait que commencer. Il observe la décoration de la pièce. Tout est gris, blanc, un peu de noir retient la rétine, rien de choquant. Une belle photo en noir et blanc est accrochée au mur. Les fauteuils sont confortables mais dépourvus de coussins pour s’y blottir. Chaque chose est à sa place, pas de magazine qui traîne, encore moins de petit bazar ou de bibelot improbable. Les tentures sont ajustées aux fenêtres et filtrent la lumière de la ville, ainsi que le bruit. On a la sensation d’être dans une boîte hermétique. Les verres sont disposés sur une étagère en verre. Il y en a de toutes les tailles, classés par ordre de grandeur, les plus petits pour les alcools forts sans doute. Cela évoque un présentoir de magasin. Il est toujours fasciné par les verres rangés sur des étagères, sans fermetures, immaculées et prêtes à toutes les maladresses … Quelqu’un doit s’attarder avec patience à nettoyer tout cela régulièrement.

Aucune plante verte ne peut apporter une couleur à la neutralité de la pièce. D’ailleurs, il ne doit pas y en avoir dans tout l’appartement. La plante verte est une contrainte vivante. Elle peut mourir faute de soin, contrairement à un étalage de verres. Il se souvient que lors de leur dernière venue, sa femme avait apporté une magnifique composition florale de lys. Blancs bien sûr. Leur odeur était encore présente dans son souvenir. 

Il vaut mieux apporter des livres. Un livre lui fait toujours plaisir. Mais est-ce le cas des autres ? La lecture est tellement personnelle. Elle fait écho à l’intime. Mais quelle déception de ne jamais connaître en retour les impressions. Le pire est quand il ne peut pas résister à la tentation de demander bien plus tard ce que le lecteur a ressenti. Il regrette aussitôt car il doit se retenir de donner son avis en retour.

Et puis il y a le risque que le livre soit déjà lu. Il y a le livre qui le plonge dans une infinie mélancolie, lui rappelant avec grâce sa jeunesse passée et enfouie, lui expliquant combien la vie est ténue. Rares sont les livres lui ayant procuré de la joie ou encore moins de rire. Il n’y a pas de livres drôles, sauf ceux destinés aux petits enfants. Et pourquoi il n’y aurait pas plus de livres amusants ?

Des livres fascinants, certainement. Les meilleurs sont ceux avec des rebondissements ou des univers lointains et si proches en même temps. Quoique cela dépend aussi de son humeur. Cela lui permet de voyager sans peine, de découvrir les époques et les paysages divers, lointains. Il oublie alors tout, ses obligations, sa famille et même l’endroit où il se trouve au moment précis où il est plongé dans sa lecture. Rien ne peut le distraire, il est tout à son histoire et brûle d’envie de sauter des pages pour connaître le dénouement. Bien évidemment certains ouvrages où l’auteur s’amuse à déjouer des pistes, ne se prêtent pas à cette possibilité. Tout est bon pour lui et il a une telle boulimie de lecture qu’il aurait en train trois ou quatre livres, s’il se laissait aller. En revanche, il ne se restreint guère pour les achats. Sa bibliothèque est remplie de livres pas encore lus. Mais leur présence le rassure. Il ne serait jamais malheureux puisque tous ces livres n’attendaient que lui. Il fallait seulement veiller à ne pas avoir trop de retards pour les ouvrages qui lui avaient été offerts. Lui aussi pouvait avoir à dire ce qu’il pensait à propos d’un roman offert par un ami. Savoir tous ces livres accumulés ne le rendait pas triste, bien au contraire et cela ne l’empêchait pas de continuer à en acheter. Par exemple, il entendait à la radio un écrivain parler de son livre préféré. Il notait alors immédiatement le titre et l’auteur. Les chefs d’œuvre ne manquaient pas non plus et formaient une immense réserve dans laquelle puiser de longs moments de plaisir. Comment peut-on ne pas être désespéré en même temps de ne pas avoir déjà tout lu ? C’était comme la boîte de Pandore, plus il en lisait, plus il avait conscience de tout ce qui lui restait encore à lire. Sans compter les livres qui sortaient et faisaient l’objet d’articles dans les journaux. Son appétit était aiguisé par tous ces articles terminant par un « vous avez de la chance de ne pas l’avoir encore lu ». Et puis le plaisir le plus grand sans doute pour lui était de passer des heures dans la librairie. Il cherche fébrilement le nom de l’auteur pour trouver l’ouvrage convoité. Se rendre à une table où les livres sont disposés ; ouvrir l’un d’entre eux, au hasard, en plein milieu et commencer la lecture, voir ce qui le happe. Est-ce que l’écriture est fluide ? Compliquée ? Intrigante ? Ciselée ? Irritante ? Pourquoi avait-il du mal avec les petites phrases courtes ? Il n’en savait rien mais cela lui semblait automatique dans la littérature actuelle. Il était attiré par les auteurs américains, les irlandais, la puissance de deux trois lignes pour transmettre des impressions. Cela lui faisait beaucoup d’effet. Après avoir été séduit par quelques phrases lues au milieu du livre, il commençait les premières phrases, pour valider son choix, en somme. Pour finir, il parcourait très brièvement ce qui était indiqué sur l’auteur en s’interdisant de lire le résumé inévitable à l’arrière de la couverture. Qui pourrait avoir envie d’un résumé ? Parfois il le lisait après avoir terminé et était amusé de celui-ci, ou agacé si cela ne correspondait pas à ce qu’il avait ressenti comme faits essentiels de l’histoire. Après avoir feuilleté de nombreux livres, l’envie était là. Alors commençait la sélection proprement dite. Bien souvent, il privilégiait de nouveaux auteurs. Les auteurs chéris sont là pour les moments de disette, où le livre fait plus que divertir, il comble la vie et permet pendant le moment de lecture de s’en extraire pour un plaisir garanti. Les auteurs favoris remplissent à merveille cette mission.

Pour finir, aucune trace de livre dans cette pièce. Espérons qu’une bibliothèque ait trouvé une place dans cet appartement, au pire dans les toilettes; au mieux dans l’intimité de la chambre à coucher. D’ailleurs, à quoi pouvait bien ressembler leur chambre à coucher ?

« - A quoi penses-tu ?

- Oh à rien, enfin il m’est arrivé une chose bizarre en venant. Je crois bien que je connaissais mon chauffeur de taxi. 

- Ah bon, comment ça ? Tu avais déjà pris le même taxi aujourd’hui ?

- Eh bien il m’a semblé reconnaître un garçon croisé pendant mes études.

- Il aurait fait les mêmes études que toi ?

- Oui, c’est drôle, tu ne trouves pas ?

- Cela demande un peu d’explication, comment cela se fait-il qu’il soit devenu chauffeur de taxi ?

- Ecoute, justement je n’avais pas envie de le savoir et comme il ne m’a pas jeté un regard, il ne m’aura pas reconnu.

- Alors tu n’avais pas envie de savoir ?

- En fait non et puis à quoi ça sert une fois que tu l’as reconnu ? Tu lui dit « Alors tu es chauffeur de taxi ? » et il te dit oui et puis au revoir.

- C’est sûr que cela ne sert à rien, sauf peut-être à satisfaire ta curiosité … Pourquoi est-il chauffeur de taxi ? il a peut-être été cadre dirigeant, plein de responsabilités, des réunions à n’en plus finir, des soirées et des week-end ponctués de mails urgents, des collaborateurs ambitieux et sans états d’âme … tu vois ce que je veux dire.

- Bien sûr, mais à quoi cela sert-il de le savoir ?

- Oh à rien, tu as raison. C’est comme de savoir ce que ressentent les gens dans le métro. Ce à quoi ils pensent. Pourtant je ne peux pas m’empêcher d’avoir envie de le savoir, j’extrapole sur leurs habits, leur attitude lasse ou triomphante, inquiète ou détendue. Va savoir les vies qui se cachent derrière ces silhouettes. Et puis je suis toujours perplexe face à cette diversité infinie.»

 

Enfin arrivent les derniers invités, chargés de bouquets de fleurs, apportant la touche de couleur qui manque à ce séjour terne. 

Sa femme est là. Elle rit aux éclats.

« - Et si nous passions à table maintenant ? ». Tout le monde se dirige à pas lents vers la salle à manger – cuisine, où de délicieuses odeurs l’assaillent. Personne n’est bien pressé de s’asseoir.

L’entrée est présentée dans chaque assiette avec profusion d’ingrédients divers. Il a gardé de son éducation bourgeoise l’interdiction de laisser de la nourriture dans son assiette. C’était impossible de ne pas finir, offense à la toute sacrée nourriture, offense à la maîtresse de maison qui s’était démenée pour ce chef d’œuvre culinaire. Mais était-ce bien raisonnable de débuter le festin l’estomac rempli ? Il savait se forcer à avaler les aliments, question de principe.

« Alors que deviens-tu ? Cela fait un bon moment que nous ne nous sommes vus …

- Oui, en effet, cela fait un bout de temps … »

 

Que dire ? Que les plaisirs s’émoussent ? Que c’est comme ça, il n’y a rien à dire, je suis déjà fatigué et que je n’ai plus la force de chercher un truc marrant ou intéressant à dire …. Que le tour de la question est fini depuis longtemps ? Il s’en veut un peu d’être devenu ainsi, alors il cherche rapidement une idée pour éviter de  penser à tout ce temps passé.

 « Es-tu allé voir cette expo au Grand Palais ? 

- Ah oui, bien sûr.

- Heureusement que j’avais les écouteurs sinon je n’aurais rien compris à ces installations. Tu vois, moi, je ne sais plus profiter des expos sans ces audio guides. Tu ne perds pas de temps comme ça. Ça va plus vite. Et puis tu ne te sens pas constamment gêné par la présence de toute la foule autour de toi.

- Oui, mais comment as-tu trouvé les œuvres ?

- A vrai dire, je ne sais pas, je n’y ai pas pensé … et toi ?

- J’avais préféré cette rétrospective de Barcelone.»

Il se concentre sur le repas, les visages. Tout est embrumé à présent. Il ne peut s’empêcher de penser à la journée du lendemain, aux réunions, aux décisions … Toute cette frénésie.

Enfin ils s’excusent de partir si tôt. Ils ont passé une délicieuse soirée, vraiment, et quel dessert ! Sa femme est fatiguée en ce moment, il faut bien prendre soin d’elle … Merci encore ; au revoir, oui, on se revoit très bientôt.

Il n’en peut plus. « Qu’est-ce qui t’a pris de dire que je suis extenuée ? De quoi ? Tu ne peux pas dire les choses ? Que c’est toi qui en a marre ? ». 

Il se tait, concentré sur la rue vide. Il marche sous la pluie, serré contre elle pour partager le parapluie.

En cherchant à éviter les flaques, il réalise soudain qu’il n’avait pas parlé à Eric. Pourtant, il le connaissait depuis bien longtemps. De le voir depuis toujours l’autorisait à se dire que rien ne change. Depuis combien de temps n’avaient-ils pas eu de vraie conversation ? C’est curieux car au fond, il n’a jamais envie de lui raconter des choses, rien en particulier. Comme si avoir besoin de parler était un aveu. Non, il préfère l’écouter, quel qu’en soit le sujet. Cela ne veut pas dire qu’ils sont toujours d’accord. Il a cette affection pour Eric qui excuse tous les débordements. C’est comme ça. Et les débordements ne manquaient pas, surtout en fin de soirée. La durée de leur amitié surpassait tous les arguments. La question d’être ami avec Eric ne se posait plus. C’est comme si Eric n’avait pas de vie, d’envies. Gaspard n’attendait rien, satisfait de retrouver cette présence immuable, sans histoires.

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Eclat de voix

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Publié le 22 Novembre 2017

Ce livre est une succession d'interrogations : qui est qui ? Qui est le frère ? Le père ? C'est un enchevêtrement de solitudes, de personnages sans concession, brisés par la vie et qui ont pour seul point commun de vivre dans un monde rude. La mer est présente tout au long du récit et imprègne fortement cette histoire de douleurs.
Le rythme est lent, les phrases hachées, suggérées. La perte, le chagrin sont très délicatement abordés. Le dénouement, facile à deviner, devient secondaire à condition de se laisser envahir par les personnages, la mer et son ressac.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 17 Novembre 2017

Gaël Faye raconte sa tragédie avec une écriture enchanteresse, impossible de ne pas tomber amoureuse de cette façon de raconter, imagée, délicate, sensible.

La violence vient peu à peu, comme une pluie discrète, puis c'est le déluge.

Ses fondements viennent très tôt. A peine a-t-il reçu un vélo tout neuf, que celui-ci est volé. L'enfant est frustré et, aidé par les employés de son père, retrouve le vélo. Il va le reprendre à un autre petit garçon qui lui aussi l'avait reçu en cadeau. La violence commence à poindre. L'enfant sait que ce petit garçon n'aura jamais d'autre vélo car celui-là avait été acquis au prix de beaucoup de sacrifices par un père qui ignorait bien entendu qu'il achetait un vélo volé.

Or notre héros sait que lui, il pourrait en avoir un autre, parce que ses parents ont de l'argent. il est sensible et intelligent, il sent toute l'injustice de la situation mais il est accompagné d'un adulte qui l'encourage à reprendre son bien.

Ce livre n'est pas qu'un témoignage, c'est un plaidoyer pour l'éducation, la transmission des valeurs dès le plus jeune âge.

Accepter la frustration, vivre avec les autres, regarder autour de soi, voilà qui pourrait limiter l'escalade de la violence, voire les conflits.

Non seulement ce livre a un message de paix, mais il est aussi une ode magnifique à la lecture. Que du bonheur dans le malheur ...

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 14 Novembre 2017

Zhu Xiao-Mei raconte son histoire de femme chinoise, pianiste virtuose, dont le destin a été brisé par la révolution culturelle. Profondément marquée dans sa chair, dans ses relations familiales et amicales, elle tente - avec beaucoup de difficultés - de recommencer sa vie d'artiste en Occident. Son regard sur celui-ci n'est pas très tendre car les valeurs de notre monde lui semblent futiles. Le mercantilisme nous éloigne d'un bonheur à rechercher. Elle n'est pas au bout de ses peines puisqu'elle est atteinte d'un cancer au moment où sa situation lui permet enfin de jouer en public.

Cette femme, merveilleuse pianiste que j'ai eu la chance d'entendre, force le respect par son intelligence. Le livre est très limpide, très fin. Elle est très courageuse, ne se plaint jamais, ne démontre aucune colère, elle évoque les moments douloureux par petites touches; c'est l'éducation qu'elle a reçue. Elle est souvent seule, ce n'est pas un choix, c'est la conséquence de sa situation. Comment imaginer et accepter toutes les souffrances qu'elle a pu subir ?

Enfin les pages relatives à la musique sont un enchantement, elle écrit avec justesse sur ses morceaux préférés, en particulier les variations Goldberg de Bach.

C'est un témoignage exceptionnel, plein d'espoir et de force, à l'instar de son auteur. Magnifique.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature chinoise

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Publié le 11 Novembre 2017

Ce livre a tout d'abord un thème insensé : il s'agit d'"alléger" notre planète de ses pauvres car cette population est la première à massacrer notre patrimoine écologique. J. C. Rufin démontre magistralement comment ces idées se concrétisent par l'entremise de sociétés secrètes. On se se demande si tout cela est bien vrai mais l'auteur nous le confirme dans la post face du roman. Ces sociétés auraient un rôle très important en nous évitant des catastrophes ou en provoqueraient ...

Il ne faut pas se laisser décourager par l'épaisseur de l'ouvrage, il se lit très vite car c'est très prenant, plein d'action, instructif et très bien écrit.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 11 Novembre 2017

Petit livre  proposant des aventures humoristiques, léger et sympathique.

Il ne m'a pas laissé un souvenir impérissable.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 11 Novembre 2017

L'héroïne est une jeune fille issue du milieu mauricien privilégié, hors de toute réalité. Elle observe ses parents qui ne s'aiment plus, la montée du nazisme et la déchéance.

J'ai eu du mal à m'intéresser à cette histoire peu crédible et écrite avec un style très froid.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 11 Novembre 2017

Le récit se présente en trois parties : fille, amante, épouse et mère. Dans cette troisième partie, l'expérience de la mère est confrontée à celle de sa belle-fille.

Cette histoire, écrite au présent, avec des phrases courtes et sèches, mélange différentes périodes et laisse une impression ambivalente. J'ai été agacée par cette héroïne absolument parfaite qui traverse les tragédies sans faiblir. En même temps, j'ai été prise par l'histoire, j'avais envie de connaitre la suite ...

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 9 Novembre 2017

Même si les deux nouvelles se déroulent au début du vingtième siècle au Japon, les sentiments et des réactions des deux héros nous semblent proches et modernes.

La première histoire est celle d'un jeune homme qui raconte à son camarade d'études son installation récente. Il fait part de ses peurs après avoir écouté les croyances de sa gouvernante. Il va jusqu'au bout de ses craintes, se ridiculise et comprend.

La deuxième histoire est celle d'un jeune homme qui va à la gare de Tokyo attendre les héros de la guerre contre la Russie. Il imagine le retour de son meilleur ami dont il sait le décès sur le front. Il se rend ensuite sur sa tombe et rencontre une jeune fille qui le fascine. Enfin il va voir la mère de son ami défunt pour connaitre l'identité de la jeune femme ... la quête devient alors plus intéressante que la jeune fille elle-même.

Les descriptions sont subtiles, délicates et parfois drôles. C'est une merveille d'écriture, l'auteur pourrait écrire sur n'importe quel sujet, celui-ci deviendrait intéressant et beau.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature japonaise

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