Publié le 28 Mars 2019


John Burnside a grandi dans un village minier écossais, dans les années 1980, à l'ombre d'un père qui n'a cessé d'inventer sa vie. Ce père a eu un début dans l'existence compliqué puisqu'il a été abandonné à sa naissance. Alors il conte une vie imaginaire, sans doute meilleure que la vraie, et s'acharne à brouiller les pistes entre la Royal Air Force, le sport ... Cherche-t-il à éblouir ? Est-ce le seul moyen d'exister pour lui ?

L'auteur nait après la mort d'un ainé encore nourrisson et vient après lui une petite sœur. Il grandit très seul, c'est un enfant doué. Sa vie penche irrémédiablement vers le malheur. Sa sœur semble mieux s'en sortir, peut-être parce qu'elle souffre moins de ce père violent, surtout moralement.

John Burnside ira jusqu'au bout pour s'en sortir. Puis il va écrire pour pardonner ou pardonner et écrire, avec une façon de raconter son histoire proprement fascinante. 

 

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature britannique

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Publié le 19 Mars 2019

Un jeune garçon, Antoine, âgé de douze ans, vit seul avec sa mère dans un petit village. L'histoire se passe à une époque où la playstation arrive dans les foyers français. La mère d'Antoine refuse qu'il y joue avec ses copains. Il erre donc désormais seul dans la forêt, son terrain de jeux de toujours.

Antoine accepte les strictes règles de vie de sa mère, sans broncher. Il est loyal envers elle parce qu'elle n'a pas une vie facile et pour avoir la paix, car c'est un garçon pacifique de nature.

Son seul compagnon de jeux est le chien des voisins. Or ce chien blessé accidentellement est achevé d'un coup de fusil par son maitre sous les yeux du garçon. L'enfant bouleversé va passer son coup de colère sur le petit garçon fils du maitre du chien... Et le drame survient. Rémi meurt brutalement après avoir reçu un coup rageur d'Antoine. Celui-ci est seul face au petit cadavre et à sa responsabilité qui dépasserait n'importe quel adulte. Antoine réagit à sa hauteur d'enfant et est submergé par une angoisse immense.

C'est le début de cette histoire très forte, dont le thème est universel : que faire quand on tue par inadvertance quelqu'un ? Pire, quand le tueur et sa victime sont des enfants ? Et que la vie est marquée définitivement par cet événement ?

Le passage de la recherche de la victime a trop d'échos personnels. Alors je n'ai pas pu résister, j'ai lu la fin avant de terminer le livre … Car ce récit excelle à transmettre la peur de ce petit garçon « innocent » au lecteur terrifié.

Heureusement, le destin se joue de tout, le hasard fait le reste.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 14 Mars 2019

Le premier mot qui me vient à propos de livre est tendresse, la tendresse infinie entre tous ces personnages. Et pourtant ! Il y a du loufoque aussi.

Un riche américain veut faire un don d'un mikvé dans une ville d'Israël. Cette ville s'appelle la ville des Justes. Ça ne s'invente pas. Le mikvé est un bain public rituel pour se purifier. En particulier, les femmes s'y lavent après avoir eu leurs règles. Ce riche américain veut offrir ce bain à la mémoire de son épouse défunte.

Le maire s'attelle à la tâche, aidé par son fidèle adjoint Ben Tsouk. Celui-ci ressent la présence de la femme de sa vie, disparue depuis sept ans. Il fait réaliser les travaux par Naïm, en réalité Noam, qui se fait arrêter par les militaires car il a trop observé avec ses jumelles. Entre temps, une colonie d'exilés russes arrive dans le quartier de la ville où sera édifié le mikvé … Ils ne parlent pas hébreu et ne sont pas juifs.

S'ensuivent bien des aventures, toutes plus incroyables les unes que les autres. On sourit souvent à la lecture de cette histoire impossible à raconter, truffée de moments vraiment inattendus. Nevo possède l'art de raconter les histoires, comme si elle était racontée à voix haute, au coin du feu, tous les épisodes s'enchainant à merveille.

Il évoque ou interrompt l'action pour reprendre plus tard et dévoiler des faits.

Ce roman pose des questions relatives au déracinement, à l'emprise sur son destin. Qu'est-ce qui conduit à un « bon » destin ? À quelles valeurs doit-on rester fidèle ? À soi ? À ses instincts ? Où obéir aux règles ? Est-ce important de ne pas décevoir les autres, même au prix de l'oubli de soi ?

Ce livre est avant tout drôle et plaisant. À chacun d'y prendre ce qu'il souhaite.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature israélienne

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Publié le 12 Mars 2019

Quand sait-on que sa vie est ratée ? Quand on veut ressembler à un jeune et que les stigmates de la vieillesse sont là ? Ou que tout se casse la figure à force d'avoir peur ?

Peur de l'amour de son amour qui finit par se marier … avec un autre ? Peur de son agent littéraire dont on ne connait rien de sa vie personnelle ? Telles sont les affres d'Arthur Mineur.

Sa vie a commencé le jour où il a partagé la vie d'un grand poète, bien plus âgé que lui et qui l'a poussé à écrire des romans.

Il a ensuite vécu, de loin semble-t-il, une autre histoire d'amour avec le fils d'un de ses amis. Cette histoire est également finie puisque le jeune homme va se marier avec un autre … et invite Arthur à la cérémonie. Pour échapper à cette invitation, il accepte diverses « invitations » qui le mènent d'un bout à l'autre de la planète. Chaque chapitre relate une de ces errances comme la participation à une conférence au thème abscons, un cours improvisé, une obscure remise de prix. 

Arthur est drôle malgré lui, d'un ennui total en ce qui concerne ses talents d'orateurs, et il saisit les occasions, sans en sentir le droit de les mériter ... Arthur s'estime si peu qu'il ne se sent jamais à la hauteur ou à sa place.

Ce roman, prix Pulitzer, s'appelle « Less », ce qui lui va si bien. Arthur est toujours moins que les autres. Ce titre suggère aussi la constante comparaison que la société inflige à Arthur. Pourquoi se comparer ? Pourquoi avoir peur ne pas être à sa place, à la hauteur ? Et ne pas décider de s'aimer comme on est ? Et ne pas se poser la question d'avoir raté sa vie ou non.

Andrew Sean Greer s'amuse à suggérer des « révélations » qui n'arrivent jamais, petits pièges de l'auteur pour tenir en haleine le lecteur. J'adore.

Ce livre m'a donné beaucoup de plaisir, facile à lire, original, surprenant et drôle. Il m'est arrivé de rire franchement. C'est si rare en lisant.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 10 Mars 2019

La construction du livre est originale : quelques phrases sur chaque page, tels des haïkus, ces poèmes japonais très énigmatiques, chaque page étant précédée d'un kanji (lettre-mot en japonais) expliqué.

Un homme japonais s'installe dans une propriété toscane abandonnée, pour y planter trois pousses d'arbre.

Tout est dit. Il faut se laisser faire et surtout ne pas avoir d'idée préconcue pour aller sur ce chemin délicat et poétique. Cela peut friser l'agacement avec ces phrases trop lues. Mais bon, ce petit roman se lit à toute vitesse et ces impressions restent fugaces.

Il en ressort une leçon sur l'écoute, l'acceptation des autres, l'altérité. Nous sommes tous l'étranger de quelqu'un. Le japonais est un « bon » étranger car il ne vole rien (oui, vous avez bien lu), ne coûte rien, vient d'une civilisation bien connue et respectée par les occidentaux … vous voyez où je veux en venir ?

C'est un étranger qui ne dérange pas, ne demande rien …

Ce roman laisse un sentiment de légèreté, à nous de remplir tous les vides, de répondre aux questions. Mais elles disparaissent aussi vite qu'elles surgissent et rien ne reste vraiment. Comme nous ? Métaphore de notre passage sur terre ? Quel est le but de la vie ? Faut-il avoir un but ? Ou seulement être zen ? À voir, à méditer.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 8 Mars 2019

L'auteur raconte l'histoire de sa grand-mère, Gadis Pantai, née au début du 20ème siècle sur l'île de Java. Jeune fille de quatorze ans, élevée dans un village de pêcheurs, elle est amenée par ses parents à un Bendoro. Il est un homme riche, respecté, très pieux …. et il l'épouse en la violant !

Elle est plongée dans un isolement total du jour au lendemain, elle qui a grandi au bord de la mer. Non seulement elle est privée de liberté, mais on tente de lui changer sa personnalité. Une vieille servante la guide dans son nouveau rôle de maitresse. Gadis Pantai n'a pas le droit de s'exprimer, de contester et même de pleurer. On la console avec des parfums et des bijoux, cela lui est égal. Elle veut retrouver sa cabane au bord de la mer, les autres, la vie.

Le style est superbe, la lecture est fluide, imagée, on suit la jeune fille dans son malheur. Difficile à lâcher … car on voudrait comprendre ce qui se passe. En toile de fond, il y a la répression hollandaise et son régime colonial. Les autres n'ont pas dû faire mieux mais les Pays Bas ont occupé cette partie du monde pendant des siècles, affectant la société sur plusieurs générations.

A un moment, le Bendoro, le maître, dit à Gadis Pantai qu'elle est intelligente. Est-ce que cela pouvait la sauver de son destin de reproductrice ? Ou au contraire, lui nuire, car une femme intelligente est évidemment dangereuse et déstabilise l'ordre établi par le Bendoro, sous couvert d'appliquer les principes de la religion musulmane. Celle-ci fait partie de la vie, comme le soleil se lève et se couche. Voilà aussi un intérêt pour le roman car le lecteur peut mesurer l'ancrage social de la religion qui définit les places, les rôles de chacun dès sa naissance. Il ne peut y avoir de surprise dans cet univers ordonné par Dieu. Un siècle plus tard, comment cela se passe ?

Dès qu'elle s'est insurgée contre sa condition, Gadis Pantai est seule, sans qu'elle en soit consciente tout de suite. Ses parents ne l'ont pas préparée à ce destin, sans doute pour la préserver, aussi par fatalisme. Ils sont résignés parce qu'écrasés par ces règles impossibles.

La solitude de Gadis Pantai est semblable à celle de migrants, qui ont dû partir, rejetés de là où ils viennent et rejetés où qu'ils aillent. C'est un livre cruel car il raconte le malheur subi par des gens candides, ayant pour valeur la beauté de la nature, la gentillesse et la confiance envers les autres.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature indonésienne

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Publié le 5 Mars 2019

Petite lettre à une amie qui veut des conseils pour élever sa fille. Importance des mots : ton mari « t'aide » à l'élever, non il ne t'aide pas, il fait comme toi, il l'élève, c'est tout. Le mariage est une « récompense » pour les filles. Un homme « permet » à une femme de briller, l'inverse n'existe pas ; elle est en coulisses pour sa réussite …

 

Tout est dans les mots pour limiter les maux.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Document, #Littérature américaine

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Publié le 2 Mars 2019

Ma chère et tendre amie de toujours, juste un petit mot pour te dire que rien ne change.
J'ai besoin de te le dire.
J'ai gâché l'occasion de nous voir et je m'en veux.
Je m'en veux d'avoir manqué d'affection pour toi. Je me suis sentie impuissante, j'avais envie de dire ce que je pensais.
Je t'aime de tout mon cœur et je t'embrasse.

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Ma chère et tendre amie de toujours, juste un petit mot pour te dire que rien ne change, j'aime la personne au fond de toi, toutes les qualités que tu possèdes et j'aurai toujours un immense plaisir à nous revoir et nous parler.

J'ai besoin de te le dire car je sais avoir manqué de chaleur et d'attention à ton égard lors de notre dernière rencontre. J'espère que tu me pardonneras pour ça.
Je t'ai découverte si différente, trop excitée. Je ne t'ai pas reconnue et … tu ne m'as pas plue. Je Etait-ce-ce à cause de moi ? J'ai gâché l'occasion de nous voir et je m'en veux.
Je m'en veux d'avoir manqué d'affection pour toi, comme si je te punissais. Ce n'était pas ma volonté. Je me suis sentie impuissante, j'avais envie de dire ce que je pensais, être moi comme je m'y emploie à tout instant, or je n'étais plus moi-même.
Mon amitié est intacte, et considérons cet épisode comme une petite écharde dans le doigt, désagréable mais inoffensive.
Je t'aime de tout mon cœur et je t'embrasse.
 
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Ma chère et tendre amie de toujours, juste un petit mot pour te dire que rien ne change, j'aime encore la personne au fond de toi, toutes les qualités que tu possèdes et j'aurai toujours un immense plaisir à nous revoir et nous parler.
J'ai besoin de te le dire car j'ai senti que j'ai manqué de chaleur et d'attention à ton égard lors de notre dernière rencontre. J'espère que tu me pardonneras pour ça.
Je t'ai découverte si différente, trop excitée. Je ne t'ai pas reconnue et … tu ne m'as pas plue. Etait-ce à cause de moi ? J'ai gâché l'occasion de nous voir et je m'en veux.
Je m'en veux d'avoir manqué d'affection pour toi, comme si je te punissais. Ce n'était pas ma volonté. Je me suis sentie impuissante, j'avais envie de dire ce que je pensais, être moi comme je m'y emploie à tout instant, or je n'étais plus moi-même.
Votre relation avec ton mari est une énigme à résoudre : peu de chaleur et d'écoute entre vous. Il en est incapable pour toi. Je n'avais pas mesuré à quel point il en était, vous en étiez. Je pensais qu'il avait avancé – et je frémis à l'idée de ce que cela pouvait être avant ses progrès.
Maintenant la vie est courte et belle, tu le sais, alors sauve-toi avant de sauver ce couple qui n'en a que le nom.
Un couple, ce sont deux personnes qui se respectent, qui font plaisir l'une à l'autre, qui créent ensemble une famille, des moments pour se faire du bien, être heureux. C'est simple au fond. Il y a des désaccords mais ces deux personnes se parlent pour les exprimer et une fois l'un l'emporte, une autre fois c'est un compromis.
Mon amitié est intacte, reste comme tu es au fond de toi et fais grandir cette belle personne, elle le mérite vraiment.
Je t'aime de tout mon cœur et je t'embrasse.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Eclat de voix

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