Publié le 28 Octobre 2019

Le sujet de cet opuscule dense est le déclin de la liberté. C'est confondant d'évidence, rafraichissant aussi, compliqué souvent, car ce sujet sérieux mérite l'effort de s'y intéresser.

Notre apathie, dûe entre autres au consumérisme, nous laisse accepter l'inacceptable. Ce constat avait déjà été fait par Soljenitsyne devant des étudiants d'Harvard en 1978, auprès de qui il dénonçait aussi « la tyrannie du conformisme intellectuel. »

François Sureau se demande si nous nous aimons assez pour aimer les autres, et par conséquent, défendre leurs droits alors que nous ne sommes pas concernés. Il cite par boutade le fait que nous restons indifférents à l'interdiction de certaines publications sur internet qui ne nous intérressent pas. Nous ne réagissons pas quand nous ne sommes pas directement concernés. C'est le règne du chacun pour soi. C'est si vrai pour la question des migrants à laquelle je ne peux m'empêcher de penser.

La contradiction est une condition pour construire une société meilleure. En contrôlant la contradiction, on fait semblant d'agir mais on n'avance pas. 

Il rappelle les fondamentaux : « Le citoyen doit conserver en toutes circonstances une souveraineté intellectuelle et morale ».

A lire et à relire, pour éclairer nos esprits endormis.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Document

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Publié le 23 Octobre 2019

La fille de la maison a commis un meurtre.

Le père raconte, en bon pasteur suédois, ce qu'il a ressenti et fait son introspection. Il est pétri de questions et de convictions, et réagit avec un amour inconditionnel pour son enfant unique, une adolescente perdue, ayant un lien ténu avec ses parents. Il reprend tout depuis le début pour savoir ce qui a pu conduire à cette situation impossible. Nous partageons son impatience à connaître les faits. Ses angoisses sont fortes et il est difficile de s'en abstraire, d'autant plus quand on est soi-même parent d'adolescent. Les signes de rébellion sont si classiques ! Et tout est possible, ce qui rend la lecture de ce roman dérangeante. Ces parents ont toujours voulu le meilleur pour leur fille et la voilà accusée de meurtre.

Ensuite la fille raconte son incarcération, avec toujours ces allers-retours avant la catastrophe. Elle ne veut rien dire à personne, position intenable. Pourquoi veut-elle se taire ?

Enfin la mère raconte, elle a un regard de professionnelle sur les circonstances, elle est avocate.

Il est question du contrôle de soi, qui peut être mis à l'épreuve par plus fort que soi, de l'envie de ne pas voir quand ça brûle.

Les chapitres sont très courts, deux ou trois pages, et permettent heureusement de reprendre sa respiration pour avaler ces cinq cent pages haletantes.

Ce roman interroge beaucoup sur la justice et sur la parole difficile à libérer des femmes victimes.

Je trouve très fort d'utiliser le genre du polar pour transmettre un message féministe.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature suédoise

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Publié le 21 Octobre 2019

Ces nouvelles évoquent, pour certaines, l'univers de Raymond Carver, car elles se situent dans l'Amérique pauvre et abandonnée.

L'écriture, trop présente, prend le pas sur les histoires. Pourtant quelques nouvelles ont d'excellents points de départ, comme le dialogue au café entre Hitler et un journaliste, dialogue ayant lieu de nos jours.

Aucun récit n'a laissé en moi de traces émotionnelles, à mon grand dépit.

J'aimerais tant apprécier les livres de cette auteure vue à la télévision et qui m'avait semblé très intéressante.

Je vais réessayer avec son dernier opus peut-être.

 

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 17 Octobre 2019

Eliette est le jouet de ses parents, déguisée et maquillée en Lolita pour chanter. Ils sont aveuglés par leur fierté. Puis vient la conséquence inévitable et Eliette disparaît pour renaitre en Phenix.

Elle entre scène dès le début du roman, bien des années après le drame, en mère incapable de s'occuper de sa fille Paloma et de Loup son garçon. Paloma part, promettant à son jeune frère de venir le chercher. Les années passent et Loup tente de retrouver sa sœur.

Phenix a rejeté le modèle de sa mère. Elle n'a sans doute pas voulu être mère, et ne fait pas plus confiance à son instinct qu'à elle-même.

Elle a un corps exceptionnellement beau qui attire regards et convoitises. Il est à l'origine de son malheur, alors elle le transforme en le tatouant. 

Pourtant il était une richesse inestimable, une chance de s'élever pour ses parents d'origine modeste.

A travers cette courte histoire, plusieurs questions sont posées : l'espoir que les parents projettent sur leurs enfants, la résilience de ceux-ci face à un parent incapable d'aimer, la place du corps dans la société et enfin le silence qui fige les gens dans leurs difficultés.

L'écriture sensible et acérée évite la gêne à lire ce récit de transmission de maltraitance. De plus, les personnages possèdent une forme de gentillesse au fond. Personne ne veut du mal à personne mais le silence peut s'avérer violent. Ne pas parler évite de revivre les souffrances, mais conduit à d'autres souffrances.

On ne peut en vouloir à personne dans cette histoire de gens profondément empêchés.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 14 Octobre 2019

Jules nous raconte son accident de moto puis revient sur son enfance en internat. Nous sommes dans les années 80 en Allemagne. Ses parents viennent de mourir brutalement dans un accident de voiture. Il est peu entouré, son frère et sa sœur aimés réagissant à leur façon à la tragédie familiale. Jules n'a pas de repères, ne sait pas écouter ses sentiments. Il observe, vit en retrait et trouve la solitude réconfortanate, peu risquée. Il n'a pourtant peur de rien, depuis tout petit, peut-être parce que sa vie lui importe peu au fond et qu'il cotoie la mort comme une compagne familière.

Jules est impuissant, ne pose pas de questions. Il subit sa vie. Jules est amoureux d'Alva. Cette relation n'est pas banale.

Wells évoque des mystères sans y apporter de réponses.

En terminant ce livre, je me demande ce qui fait qu'un livre plait ou non. Il est considéré comme un grand livre, un livre important. Pourquoi ? Qui aime ce livre ? Je repense à ce livre de Nancy Huston « Professeurs de désespoir ». L'idée de cet essai était la suivante : plus c'est trash, plus ça plait. Il faut être fort pour lire certains romans, cette place est réservée à une certaine élite alors on veut bien évidemment en faire partie. C'est aussi simple que ça. Moi ça me déplait profondément toute cette accumulation d'épreuves. J'essaie de voir ce qui détermine le malheur, ce qui fait que quelqu'un qui a grandit dans le malheur ne peut pas s'en sortir puisqu'il ne connait que ça. Non, je ne suis pas d'accord, on peut s'en sortir.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature allemande

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Publié le 10 Octobre 2019

Joyce Maynard est la reine du page-turner, impossible de respirer tranquillement pendant la seconde partie de ce roman. Pourtant la couleur est annoncée tout de suite, elle va nous dire comment Helen s'est brouillée avec Ava. Mais la question devient vite plutôt : comment ces deux-là peuvent-elles être amies ? Question posée bien plus tard par le petit ami d'Helen. Détail, les personnages sont tous adultes.

Au fil des courts chapitres, le malaise grandit, l'envie d'être amie avec des gens exceptionnels l'emporte. Helen ne se demande pas non plus pourquoi elle voit ce couple tout le temps, pourquoi ils ne voient personne d'autre qu'elle. Elle est fragile et rêve avec cette relation.

Qui n'a pas eu une amitié toxique ? Voici le guide pour l'éviter : dès que les questions arrivent, il faut fuir.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 3 Octobre 2019

Ce qui frappe tout de suite est le style de ce roman. Il est embarrassant, présent. A-t-il la prétention d'imiter le style de cette époque, de ce milieu, ou de plaire à un public aimant le désuet et l'ampoulé, parfois mâtiné de vulgaire ? Passons.

Edmonde Charles-Roux est une personnalité intéressante.

Son père ambassadeur l'a conduite à vivre dans différents pays, à apprendre leurs langues, et à partager d'autres cultures. Sa mère est intellectuelle, intraitable mais aimante, redoutable parfois, une femme qui s'aime et qui veut qu'on l'aime tout autant. Le frère est plein de grâce, sa sœur tout autant. Bref, la famille est heureuse et épanouie. Patatras, la seconde guerre mondiale survient, le premier amour d'Edmonde ne donne plus de nouvelles.

Finalement, le livre est intéressant grâce au caractère très attachant d'Edmonde. Elle est forte, intelligente, pleine d'énergie et d'amour, rayonnante. Et cela donne envie d'en savoir plus sur elle, en lisant ses œuvres. Le récit prend fin lorsqu'elle rencontre Gaston Deferre.

 

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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