Publié le 27 Novembre 2019

Ma chérie est le surnom de Gloria Mercy Hope Merriman, une jeune femme de trente ans. Celle-ci quitte du jour au lendemain sa vie « rêvée », avec des fêtes somptueuses, une villa avec piscine et des vêtements de luxe. Elle doit partir de Miami où son amant durant dix ans vient d'être emprisonné. Elle revient en bus chez ses parents , ils vivent dans une petite bourgade perdue dans les bois, loin de tout. Elle y retrouve tout ce qu'elle avait fuit, contrainte par sa grossesse d'avoir un foyer en attendant de trouver du travail. Dans le bus, elle rencontre Marcus. Il est noir, elle est blanche. Nous sommes en 1963 aux Etats-Unis. Elle va rebondir avec grâce, sans renoncer à qui elle est au fond.

C'est un livre très agréable à lire, qui rappelle la condition des noirs, d'où ils viennent. La personnalité de l'héroïne apporte beaucoup au récit, une femme ouverte, attachante et fidèle à elle-même.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 24 Novembre 2019

Par un concours de nombreuses circonstances, deux jeunes sœurs, à l'aube de leurs existences, vivent isolées de tout dans la forêt.

L'une danse, l'autre étudie.

Il n'y a plus rien, ni électricité, ni téléphone, ni essence. Les vivres sont réduits aux conserves familiales, aux courses faites avec le dernier plein de carburant et aux ressources du potager. L'eau de la rivière est consommable et le bois est en quantité illimitée pour chauffer la maison, cuire les aliments.

Nell raconte toutes les étapes, la mort de la mère, puis peu après celle du père, leurs ambitions, leurs rencontres, leur enfance, comment tout s'est dégradé peu à peu, les coupures répétées de courant et de téléphone, la fébrilité à chercher les dernières allumettes dans la maison … L'apprentissage de l'économie jusqu'à l'apprentissage de l'autonomie.

Elle est résignée, attentive à limiter au mieux les désagréments éventuels. Elle n'est pas triste car, comme sa sœur Eva, elle a ses propres ressources. Elle se sent libre, et en même temps sa crainte de manquer d'aliments prend souvent le dessus. Les deux filles sont armées physiquement, intellectuellement et moralement pour faire face. La maison et le potager sont préparés à toute éventualité.

Tout est décrit avec minutie pour apporter de la véracité à cette dystopie. Les explications arrivent avec lenteur pour mieux captiver le lecteur. Le malaise grandit au fil des pages, épreuves après épreuves. 

Jean Hegland va au plus profond des personnages, leurs situations les emmène aux confins de l'humanité qui se perd un peu, les repères deviennent flous. Les descriptions de la nature pourrait être celles de Barbara Kingsolver, précises, intéressantes, belles. 

Ce livre bouscule le lecteur sur la question de l'après, quand il n'y aura plus d'essence, d'électricité, de technologies. 

En même temps, le propos est fort, il donne de l'espoir et de l'énergie, il magnifie la résistance à l'adversité. 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 20 Novembre 2019

Bébé Donge, alias madame Donge, a tenté d'empoisonner son mari. Celui-ci s'en sort miraculeusement. Elle admet sans discussion sa tentative de meurtre, elle ne s'explique pas son geste, pourtant prémédité.

Le mari est dans un premier temps anéanti, mais il ne ressent aucune colère. Voilà deux personnages dont l'attitude est bien mystérieuse. L'auteur fait de magnifiques allers - retours équivoques pour relater cette fameuse affaire. Il conduit ce court roman magistralement. En quelques phrases, une nouvelle énigme émerge, les questions fusent : pourquoi est-il là? Pourquoi y retourne-t-il ? Pourquoi est-il pressé ?

J'ai été impressionnée par la qualité de cette écriture belle et désuette, qui m'évoque celle d'un Maupassant « moderne » de 1942, avec les expressions de l'époque. Pourquoi m'a-t-il été présenté comme un auteur mineur ? Parce qu'il écrivait des romans policiers ? Parce qu'il en écrivait tant que ses romans ne pouvaient être bons ? Ou parce qu'il a travaillé pendant la seconde guerre mondiale ?

L'acteur Bruno Solo, invité récemment à une émission de radio, avait fait de cette histoire une présentation si enthousiaste que je me suis précipitée pour la lire. Merci à lui.

Simenon est un écrivain génial, à continuer de découvrir, sans aucun risque d'ennui.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 15 Novembre 2019

Anne Nivat, journaliste spécialiste de la Russie depuis de nombreuses années, nous présente différents lieux de ce vaste pays, avec pour point de départ Vladivostock et arrivée à Moscou. Nous sommes au cœur de la vie des gens, elle en connait certains depuis longtemps. L'auteure les présente rapidement, souvent avec humour, ce qui rend la lecture déjà fluide, très agréable. 

Le moment est spécial, nous sommes à la veille des prochaines élections présidentielles de 2018, élections pour lesquelles le président Poutine se présente.

Anne Nivat est non seulement très sympathique, je peux le dire car je l'ai croisée au Salon du Livre de Paris, mais également très compétente sur le sujet de la Russie. Elle a vécu, entre autres, la guerre de Tchétchénie sur le terrain, et possède une isba au sud de Moscou. Elle connait donc aussi bien l'histoire, ses blessures, que les aspects pratiques de la vie dans une petite ville.

Ce qui ressort de ce livre est très simple : les russes veulent la paix avant tout. Ils sont fatalistes. Certains d'entre ceux interrogés dans ce livre ont tout perdu mais ils gardent leur bonne humeur, voire leur humour. C'est un peuple qui a souffert énormément de la seconde guerre mondiale, du stalinisme, puis de la chute de l'URSS. Ils ont connu la faim et ne veulent pas retrouver le désordre.

Les portraits sont très attachants. Je me demande ce que cela donnerait si Anne Nivat faisait le même type de reportage, mais cette fois en France ...

 

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Document

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Publié le 11 Novembre 2019

Violette a seize ans lorsque les hommes de son village, dont son père et son fiancé, sont enrôlés de force pour ne plus jamais revenir. Nous sommes en Provence, en 1851, dans la montagne de Lure. Un soulèvement républicain vient de se produire.

Ce témoignage magnifiquement écrit raconte l'absence des hommes du village de l'homme et le manque qui va avec, un manque qui se produira une autre fois encore pour les habitants. C'est un rappel de l'histoire de ce village que la toute jeune république veut mater comme tant d'autres. Ce manuscrit a traversé le temps pour parvenir dans les années 1960 à une femme. Le récit se trouvait chez un notaire et devait être transmis à une femme entre vingt-cinq et trente ans.

Ce tout petit livre est rare et sans pudeur.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 4 Novembre 2019

Une femme se réveille chaque jour en ayant oublié complètement sa vie, qui elle est … Elle va mettre en place, aidée par un psy bizarre, une stratégie pour reconstruire sa mémoire.

Le suspens est très fort dès le départ, l'imagination s'égare dans tous les sens. La fin n'est pas tout à fait à la hauteur du récit excellent, trop bien mené. Quelle fin aurait été meilleure, du moins à la hauteur ?

Premier roman époustouflant qui se dévore à toute vitesse.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature britannique

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