Publié le 26 Février 2020

Edna O'Brien, écrivain irlandaise d'un âge certain, a réussi le tour de force de se glisser dans la peau d'une nigérienne de quinze ans. Deuxième tour de force : elle nous raconte son enlèvement par la secte Boko Aram dans son école. La suite est évidente, nous sommes bien informés. Mais voilà que la puissance du roman nous emmène au-delà de ce qui nous convient. Les images se révèlent.

La sensibilité du récit nous permet d'approcher au plus près les blessures de ces héroïnes. Elles sont brisées plusieurs fois, par leur rapt qui rompt leurs repères d'adolescentes, par la maltraitance et par le regard des autres sur elles car elles portent malheur à leur famille et à leur communauté. Elles se sentent sauvées parfois mais elles ne peuvent plus jamais être libres en réalité.

Voir les commentaires

Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature britannique

Repost0

Publié le 17 Février 2020

Drôle d'histoire de noces ratées par un couple qui a tout pour plaire et briller en société. Un peu ennuyeux quand même ...

Voir les commentaires

Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature britannique

Repost0

Publié le 15 Février 2020

Merveilleux classique plein de tensions … parfait et intemporel sur la bêtise et l'ignorance.

Voir les commentaires

Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

Repost0

Publié le 12 Février 2020

Un petit garçon de cinq ans est abandonné dans l'aéroport de Hambourg, sans papiers, avec 263 $ en poche, il ne parle pas l'allemand. Il s'appelle Janis.

Puis nous changeons d'époque et de lieu pour suivre Vollie, le volontaire, surnom donné par ses parents dans les années cinquante au fin fond d'une ferme américaine. Par défi vis à vis de de son père, il s'engage sur le front de la guerre du Viêt Nam. Il rempile trois fois. Impossible de comprendre ce qui le motive, mais il va jusqu'au bout de ses forces. Fait prisonnier dans un tunnel, il ne revoit le jour qu'après plus d'un an d'enfer. Sorti du trou, il est considéré comme déserteur par l'armée américaine.

Ce n'est que le début de l'épopée du volontaire, personnage extraordinaire au sens propre, qui s'est construit tout seul, sans l'amour de ses parents, sans référence avec pour toute richesse sa force mentale et physique hors normes. D'ailleurs, l'argent ne l'intéresse pas, voire il s'en méfie. Il résiste à tout, ressent très intensément les situations et les gens sans rien en laisser paraître. Rien n'est prévisible dans son parcours, l'imagination peut déborder.

Rares sont les livres avec une si bonne histoire et un héros pareil. Pour aller plus loin, cette fiction amène à réfléchir sur la filiation, la place de l'argent, l'absurdité de la guerre, le besoin d'amour … SCIBONA s'amuse parfois à changer son style en fonction de la situation, à nous offrir des dialogues surréalistes.

En bref, c'est brillant et plein d'humour. Rêve de lectrice.

Voir les commentaires

Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

Repost0

Publié le 9 Février 2020

Valentino Achab Deng fuit son village du Sud Soudan, il a huit ans. Toutes les horreurs de la guerre qui va durer presque vingt ans, les angoisses, les terreurs, n'empêchent pas notre héros magnifique à continuer à avancer, coûte que coûte. Il fait de belles rencontres comme celle avec un humanitaire japonais, se crée des amitiés. Plus tard, arrivé aux Etats-Unis, il découvre avec surprise combien les réfugiés peuvent s'épier et … se jalouser !

Les merveilleux paysages d'Afrique ont marqué le jeune enfant, et devenu adulte à Atlanta, il rêve de retourner chez lui. La civilisation américaine le dégoûte, il veut retrouver ses racines, les valeurs de sa culture.

Ce récit est humain, instructif, prenant, un très grand livre.

Voir les commentaires

Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

Repost0

Publié le 6 Février 2020

Omar Youssef Souleimane est syrien, il a grandit à Riyad en Arabie Saoudite auprès de ses parents dentistes et salafistes. Il rêve de faire le jihad et se consacre à la religion. Le livre commence par son évasion en 2012 de Syrie vers la Jordanie, puis la France, pays dont il ne connait pas la langue. Puis il revient sur son enfance, l'éducation reçue, les vexations en tant que syrien par ses camarades d'école saoudiens. Souleimane a écrit son récit en français, comme ses autres romans et ses poésies, par petites touches rapides, ce qui en fait une lecture très agréable. Son histoire est très intéressante car on y découvre la vie au jour le jour en Arabie Saoudite de l'époque. Tout d'abord la violence est partout : à l'école, à la maison (son père le frappe), dans la rue où régulièrement il est menacé de viol, comme tout enfant ou femme qui se promène seul. Du reste, sa mère a failli être violée dans l'enceinte du dispensaire où elle exerçait. La haine des chrétiens et des juifs est attisée en permanence par les discours des enseignants, des religieux et des parents. L'auteur a eu « la chance » d'aller dans une école publique saoudienne, exclusivement réservée aux enfants saoudiens. Le livre se termine par le pélerinage religieux, expérience décrite de l'intérieur, une occasion unique de voir comment se déroulent tous les rites. Passionnant et édifiant.

L'auteur a sorti au mois de janvier 2020 un nouveau roman « Le dernier syrien » et est depuis 2016 directeur de programme au Collège international de philosophie.

Voir les commentaires

Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

Repost0