Publié le 27 Mai 2020

Voilà le roman américain : droit au but, efficace, sensations garanties … 

Quelle résonnance avec notre époque ! A peine le livre commence qu'il y est question de confinement, celui dans un asile de fous où on fait tout pour rendre les gens fous. May Dodd a vingt-cinq ans, est mère de deux très jeunes enfants. Ses parents ont décidé de son internement car elle refuse de se conformer aux règles d'une famille très aisée de Chicago en 1875. Ses enfants sont nés hors mariage avec un compagnon venant d'un milieu social inférieur, et elle travaillait dans une usine pour survenir à ses besoins.

En marge de cela, le chef indien Little Wolf propose au président américain Grant un pacte de paix : échanger mille femmes blanches contre mille chevaux. Cette proposition est acceptée discrètement et mise en œuvre encore plus discrètement. Les femmes sont volontaires ou recouvrent leur liberté à condition de rester au moins deux ans dans la tribu cheyenne. May Dodd accepte le contrat et consigne dans un petit carnet toute son aventure. Ce petit carnet, réapparu un siècle plus tard, recèle toute son histoire, du départ de Chicago à l'installation dans la tribu. 

Nous apprenons tout sur les mœurs des indiens, leurs valeurs, leurs coutumes, leur façon de vivre au jour le jour. Une fois encore, le blanc s'est comporté ignoblement vis à vis de ce peuple, ne respectant pas ces gens considérés comme sauvages.

Même si des interrogations pointent dans la seconde partie du roman, il faut se laisser happer par ce récit très fort.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 13 Mai 2020

Un homme nous raconte sa passion passée pour la jeune Micol Finzi-Contini, à l'aube de la seconde guerre mondiale à Ferrare, en Italie.

Tout jeune, il était fasciné par une famille, les Finzi-Contini, et plus particulièrement par ses enfants, Alberto et Micol. Ils ne vont pas à l'école, ils ont des précepteurs. Leur résidence est une maison aux allures de manoir gothique dans une immense propriété ceinte de hauts murs, au sein de Ferrare. Les occasions de les voir sont rares, conduits une fois l'an dans de somptueux équipages pour se rendre aux examens scolaires, ou alors à la synagogue, pour des fêtes particulières.

En 1938, les discriminations se précisent pour les juifs. Micol téléphone au garçon pour l'inviter à jouer au tennis dans leur parc, alors qu'en réalité ils ne se connaissent quasiment pas. Là commence la vraie vie pour lui, toutes ses après-midi sont consacrées à ces visites puis des invitations à dîner, la mise à disposition de la bibliothèque puisqu'il ne peut plus se rendre à celle de la ville. Il ressent très fortement la différence de niveau social, mais qu'importe. Malgré les difficultés grandissantes liées à l'antisémitisme, ils parviennent à terminer leurs doctorats, sauf Alberto, peu à peu apathique.

Les juifs subissent une sorte de confinement social, sans bruit, et définitif. Ils ne ressentent pas de colère, ils s'adaptent au fur et à mesure. Ils agissent comme si le temps leur appartenait encore, et restent au plus près de la vie d'avant.

De la même façon, le jeune héros tait ses questions et ses étonnements avec la fille pour profiter des occasions qui se présentent. Son rêve de la fréquenter devient réalité, sans deviner qu'elle le cotoie peut-être par désœuvrement, et qu'en d'autres circonstances, elle ne lui aurait jamais adressé la parole.

Bassani nous entraine dans des virées noctures à vélo, dans des discussions interminables dignes de jeunes gens qui se cherchent. Une douceur se dégage de l'ensemble, la vie continue coûte que coûte, pour rester digne, c'est magnifique.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature italienne

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Publié le 9 Mai 2020

Recueil de nouvelles très grinçantes, en particulier celles relatives à l'intégration difficile en France. Le style est percutant et parfois très cru.

Ma nouvelle préférée a pour héroïne une petite fille qui échange de l'argent contre des cacahuètes. Il y a plein d'odeurs, de chaleur, des impressions fortes, voire dures et l'innocence amenée à disparaître. Magnifique.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature sénégalaise

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Publié le 6 Mai 2020

Vers la fin du récit, l'auteur raconte combien fut réjouissant le viol de la prostituée, cadeau d'anniversaire de l'un d'entre eux. Tout est dit.

Ensuite Zykë s'offusque de tous les chefs d'accusation, plus de quatre-vingt, dont il est victime pour être dépossédé de sa mine d'or. Son sens des réalités se perd progressivement, surtout lors de la séparation avec sa femme. Ses méthodes sont violentes, il tire au ras des têtes de ses « esclaves » pour faire accélérer la cadence du travail, détruit tout ce qui lui déplaît et autant de fois que cela lui sied. Il fait régner la peur et aime ça. Il a ses principes d'honneur bien à lui.

La première partie du livre tient en haleine car c'est la description vécue de l'intérieur de la jungle du Costa Rica en 1982, ses plages et ses anses, les pulperia, cafés locaux, ses personnages hauts en couleur.

Puis tout se dégrade quand il découvre de vraies pépites.

Il s'amuse de donner aux indiens de l'alcool pour les mettre à sa merci. Nous sommes en 1982. Voilà une belle époque où le mâle blanc pouvait s'offrir le monde, y compris des petites jeunes filles de quinze ans, en se croyant leur bienfaiteur.

Ce livre, vendu à des millions d'exemplaires dans le monde entier paraît-il, a été présenté dans l'émission littéraire « Apostrophes » en 1985.

Personne n'a protesté sur les valeurs de Zykë concernant les populations locales, les femmes et l'écologie. Sa participation lui a, au contraire, apporté une image respectable, entouré de De Kersauzon et autres. Le fait d'être un aventurier n'excuse pas tout.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 4 Mai 2020

Jean Herbillon se rend sur le front de la première guerre mondiale comme aviateur, il est tout excité à l'idée des récits glorieux dont il pourra se vanter. Il est vite échaudé. 

Kessel a écrit cette histoire après la guerre, c'est un de ses premiers romans, il a puisé dans sa propre expérience d'aviateur.

Pour autant, ce ne sont pas que des combats dans les airs, mais une histoire d'amour compliquée. Quelle audace pour un roman de cette époque d'avoir une héroïne qui trompe son mari !

Les rapports entre les hommes, avec cette femme, sont complexes, décrits sans jugement, avec finesse. Impossible de s'ennuyer car l'action est à tous les coins de page, la surprise aussi, portée par une écriture sensible et puissante. J'ai aimé la tendresse de Kessel pour tous ses personnages, auxquels on s'attache facilement.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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