Publié le 23 Juin 2020

Calamity Jane confie sa petite fille d'un an à un couple d'aristocrates anglais de passage. Elle lui écrira des lettres tout au long de sa vie, et miraculeusement, ces lettres parviennent à sa fille à l'âge adulte.

Passée la surprise de découvrir une belle écriture, je comprends que Calamity a appris à lire et à écrire adulte. Pourtant, elle venait d'un milieu éduqué. Là les questions commencent et c'est le bienfait de ce tout petit livre, il donne envie d'en savoir plus sur cette femme. Les quelques photos d'elle sont fascinantes.

Il ressort de ces quelques lettres une sincérité tendre à mille lieues de l'image publique de cette femme, redoutée par les indiens qu'elle a pourtant soignés. Elle tire au pistolet mieux que personne, mais ne tue pas ; elle n'a pas plus le goût de la vengeance alors qu'elle assiste à des atrocités, comme le démembrement d'un de ses proches. Elle comprend le besoin de se défendre des indiens attaqués par le général Custer.

Enfin, elle aimerait être une femme blanche … Mais comment se considère-t-elle ?

Je suis ressortie troublée de la lecture de ces lettres car j'y décèle d'énormes différences de ton et de style, puis des incohérences grossières, et pour finir, je me demande si ces lettres ne sont pas pure invention. Mais tout comme le livre « Mille femmes blanches » de Jim Fergus, ce livre permet d'attirer l'attention sur ce sombre moment de l'histoire américaine, à savoir ce besoin impérieux de supprimer les indiens.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 17 Juin 2020

Ce roman policier se situe dans le bush australien, il n'y pleut plus depuis très longtemps. Les habitants de la petite ville de Kiewarra sont à bout de ressources et de patience. Comme si cela ne suffisait pas, Luke s'est suicidé après avoir tué sa femme et son petit garçon. Charlotte, un an, est restée seule à hurler dans son berceau. Le père de Luke n'est pas convaincu par la version de la police du comté voisin.

Pour connaître la vérité, il envoie un petit mot laconique à Aaron Falk, l'ami d'enfance de Luke. Ce petit mot l'oblige à venir à assister aux obsèques de Luke et de sa famille. Pourquoi vient-il alors qu'ils se sont perdus de vue depuis des années ? Pourquoi a-t-il dû s'enfuir de Kiewarra vingt ans plus tôt avec son père ? Pourquoi tous ceux qui se souviennent de lui le haïssent ?

Tous les mystères s'enchainent à bon rythme et jusqu'à la dernière page.

Nous suivons Aaron Falk, au passé obscur, dans cette fournaise qui détraque les habitants. Il est un héros parfait, avec ses doutes et plein de bonté. Les descriptions sont très éloquentes, transpiration garantie, comme l'ambiance surchauffée du pub, avec le bruit des machines à sous, les mères de famille au bord de la crise de nerfs, la chasse au lapin et la rivière à sec. 

Excellent polar « avalé » en deux jours, digestion parfaite.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature australienne

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Publié le 10 Juin 2020

La première impression de lecture donne le sentiment d'un récit factice, à l'instar de la photo de couverture : trop retouchée. Puis Michelle dépeint la dégradation du quartier où elle vit depuis toujours, le copain de classe qui est décédé dans l'incendie de sa maison avec ses frères et sœurs, la sclérose en plaques du père qui ne veut pas en parler. On ne s'apitoie pas dans sa famille. Il faut avancer coûte que coûte. Ensuite Michelle parle de la race, des discriminations multiples, elle est noire mais a un accent de blanche, tout du moins cela l'exclue des jeux avec ses cousins pendant les réunions de famille. Etre noire est un vrai problème, qui va la poursuivre toute sa vie. Etre une femme est un handicap aussi.

Les efforts, le travail, seront récompensés. La confiance en soi vient en réalisant des choses difficiles.

Et puis Michelle rencontre Barack, elle reprend tout à zéro, ses besoins, ses ambitions. Sa personnalité l'illumine vraiment. Vous connaissez la suite, mais pas tout, bien évidemment. La dernière partie du livre concernant la Maison Blanche est très intéressante. Elle met l'accent sur la privation de liberté pour elle et sa famille, les interdits de toutes sortes, et les commentaires sur eux en permanence. Elle s'adapte avec beaucoup de courage, d'autant que cette vie n'est pas du tout son choix. Michelle aurait préféré que son mari renonce à la politique.

Impossible de ne pas penser à Donald Trump, de se demander comment il réagit à toutes les contraintes infernales de la fonction, le rythme de travail plus qu'intense, le poids des responsabilités … Enfin, on peut s'en douter.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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