Publié le 24 Novembre 2020

Françoise Giroud a écrit ce récit juste après son suicide. Raté, forcément puisqu'elle nous le raconte. Elle a eu une vie ponctuée de malheurs, comme si le malheur appelait le malheur. Elle ne parvient pas à se défaire de la culpabilité qui l'accompagne.

Le sujet est sensible, il donne à lire des phrases vraiment émouvantes et magnifiques.

Il est à noter que ce récit a été trouvé par Alix de Saint-André et qu'il est possible de Françoise Giroud ne songeait pas à éditer ce livre.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 24 Novembre 2020

Heureusement, il est rare d'avoir à faire à un si mauvais livre, consistant en une broderie infinie sur une histoire insignifiante. C'est incroyable que cela puisse être édité.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature italienne

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Publié le 18 Novembre 2020

Il s'agit d'une drôle d'histoire merveilleusement écrite par Bashevis Singer, prix nobel de littérature : un homme polonais au 19 ème siècle est au tournant de sa vie. Il mène plusieurs projets, guidé par ses envies. Il ne sait pas choisir et encore moins renoncer lorsqu'il s'agit d'une femme. Il est érudit mais comprend à quel point il est tributaire de son origine, de son désir de gloire, et de son besoin de se conformer aux règles. Lors d'une nuit de « folie » où il ne pourra plus s'en sortir « comme par magie », tout va se détraquer et être détruit à jamais, à commencer par sa propre fantaisie qu'il ne saura plus exercer.

L'écriture exceptionnelle rend compte des sentiments et des situations avec force et justesse.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 11 Novembre 2020

Petit coup de fouet en direct du dix-neuvième siècle, d'un américain très religieux. Son objet est d'affirmer qu'il y a une volonté à être soi, à ne pas s'apitoyer, ne pas pleurer avec les malheureux.

Emerson parle aussi clairement que si il était là, les questions sont universelles, c'est étonnant.

Parenthèse importante : le traducteur est essentiel. Commencé dans la version traduite par Anne Wicke (éditions Michel Houdiard), j'ai souhaité acheter le livre pour le garder. Je ne reconnus pas ce que j'avais lu dans le livre emprunté à la bibliothèque. Je commandais alors la version traduite par Anne Wicke.

Son point de départ est que nous voulons écarter sans cesse nos propres pensées pour faire nôtres celles des autres. « La vertu la plus prisée est le conformisme ». Nous ne sommes pas sûrs de nous. C'est le problème. « Celui qui veut être un homme doit être non conformiste ».

Et il appuie son propos en écrivant « Rien n'est sacré que l'intégrité de notre propre esprit. Sachez vous pardonner d'être vous-même et vous obtiendrez le suffrage du monde ».

Les œuvres d'art « nous apprennent à rester fidèles à nos impressions spontanées, avec une joyeuse inflexibilité, surtout quand le choeur des voix leur est opposé. Sinon, demain, un étranger viendra nous dire avec un bon sens consommé exactement ce que nous pensons et ressentons depuis toujours et nous devrons accepter avec honte que notre propre opinion nous vienne d'un autre».

C'est vivifiant, réconfortant, moderne.

Depuis l'époque d'Emerson, ces phénomènes se sont amplifiés, en particulier grâce aux réseaux sociaux. Ils nous conduisent, par leurs moteurs d'inférence, à conforter nos idées et non les confronter. Cela nuit à la construction et l'évolution de nos personnalités.

L'éducation doit contrebalancer cette tendance, cultiver toutes les différences, les considérer comme des richesses.

Ce livre est une belle source de réflexion, des phrases qui vont droit au cœur … et à l'esprit. « Les hommes mesurent l'estime qu'ils portent aux autres à l'aune de ce que chacun possède, et à non à celle de ce que chacun est ».

Eh bien, tout est dit, n'est-ce pas ?

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Philosophie

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Publié le 9 Novembre 2020

La Syrie était, il y a cent ans, sous mandat français. C'était déjà un pays complexe et fascinant. Joseph Kessel a passé « en deux fois, trois à quatre semaines en Syrie ». Il a employé son temps à interroger les gens sur place et à découvrir différents endroits, pour en tirer ces articles publiés en 1926.

Ce qui frappe toujours, c'est la proximité avec le lecteur et la belle langue employée.

Ce qui étonne encore c'est la facilité avec laquelle il donne son avis sur les situations, il n'a pas trente ans.

Et puis ce qui surprend, c'est la qualité de ces commentaires, très profonds et intelligents, justes, avec le recul. Ils auraient dû être plus écoutés, à l'aune de ce qui se passa ensuite. Il souligne particulièrement le manque d'argent accordé à ce mandat, l'arrogance des français, le turn over des dirigeants français envoyés sur place, repartant en Métropole alors qu'ils viennent juste d'être en mesure d'assurer leur poste. Le dernier article narre le manque de respect vis à vis du roi Hussein, dont le message de félicitations a été ignoré. Incroyable.

Ce livre, très rapide à lire - moins de cent pages – est instructif et éclaire l'actualité.

Kessel reste un grand journaliste et écrivain.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Document

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Publié le 4 Novembre 2020

Berlin, 1928, Bernie Gunther est recruté par la Kripo. Des meurtres de femmes scalpées sont ses premières affaires à résoudre.

Berlin est une ville envahie par un nombre impressionnant d'estropiés revenant de la première guerre mondiale. C'est brutal et insoutenable. Les autres survivants de la guerre sont à la recherche d'un travail et sont prêts à tout, certains jusqu'à vendre leurs corps. A cela s'ajoute une crise économique sans précédent, dont les femmes sont les premières victimes. Elles sont si nombreuses à se retrouver sans revenu, qu'elles n'ont d'autre choix que de faire le trottoir.

Tous ces maux rendent la ville invivable, y compris par un sans-abri qui explique à Bernie que les gens seront soulagés quand les estropiés, les putains et les homosexuels auront débarrassé le plancher, peu importe de savoir comment. Les nazis recrutent partout des sympathisants ...

Kerr nous raconte tout cela avec efficacité, de l'humour, les descriptions sont saisissantes, les personnages sont profonds, humains. Cet immense écrivain mêle la fiction pour nous présenter un tableau historique solide, vivant, certaines figures ont réellement existé. Bernie est un héros très intéressant, il se fie à son instinct, il a une perception quasi-animale des situations, il boit beaucoup trop.

Ce livre est très fort, intense, il va droit au cœur pour nous faire réfléchir. Kerr n'est plus là pour nous raconter encore et encore ce qui s'est passé, c'est bien dommage. J'ai déjà le regret d'avoir terminé la lecture de Metropolis.

 

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature britannique

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