Publié le 30 Décembre 2020

Une mère israélienne a prévu, de longue date, de randonner avec son fils. Cette randonnée est leur façon de fêter la fin du service militaire du garçon. Il ne revient pas comme prévu car il se porte volontaire pour participer à une opération spéciale. Elle décide de partir malgré tout, elle a un mauvais pressentiment, redoute de recevoir une mauvaise nouvelle. Elle parcourt de magnifiques paysages palestiniens, seule puis en compagnie d'un vieil ami à qui elle confie ses craintes et ses doutes.

A la lecture de ce roman, il semble, touches après touches, très difficile d'être heureux en Israël car la guerre tue tout : les gens, les espoirs, les sentiments même.

La guerre est omniprésente et très tôt subie : le service militaire de deux ans commence à l'âge de 18 ans. De ce fait, le goût de vivre est intense, s'accompagnant d'une grande dureté aussi.

La Nature semble vraiment magnifique et on voudrait y être pour l'admirer.

L'auteur a vécu dans sa chair le drame de cette guerre perpétuelle. Ce livre pose beaucoup de questions : comment garder l'envie de vivre quand son enfant est mort pour une guerre qu'on désapprouve ? Comment vivre avec l'idée d'avoir spolié les Palestiniens de cette superbe terre ? Comment éduquer un enfant dans une société violente, injuste aux yeux des parents ?

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature israélienne

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Publié le 18 Décembre 2020

Shinpei, un jeune homme, revient sur sur une petite île de l'archipel nippon. Deux années se sont écoulées depuis son dernier séjour. Il vient pour assister aux obsèques d'Ushio, une jeune fille avec qui il a grandit. Il la voit en rêve sur le bateau qui le conduit à l'île, troublé au point de tomber dans le décolleté de la femme mystérieuse assise en face de lui.

Shinpei est accueilli par Mio, la petite sœur d'Ushio. Mio tombe avec son vélo dans le port, les obsèques ont lieu dès l'arrivée de Shinpei. Il y retrouve Alain, le père des deux filles, l'homme qui l'a élevé. Dès la fin de la cérémonie, ils partent au restaurant d'Alain pour assurer le service du déjeuner.

Ce manga pose plusieurs questions : pas de mère ? Pourquoi Shinpei est parti ? Pourquoi n'est-il pas revenu depuis ces deux années ?

Shinpei revit les situations récentes, il s'en rend compte et essaie de déjouer les évènements. Tout est possible.

Le tome suivant éclairera peut-être toutes ces étranges disparitions.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Manga

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Publié le 14 Décembre 2020

Après avoir refermé ce livre, les images de la forêt, de la rivière serpentant dans la vallée, les jeux de jeunes coyotes dans la neige ou les abris fabriqués avec des branchages restent longtemps en mémoire. On est dans la Nature, on a envie d'y être.

Nous y suivons Frank, seize ans, qui accède à la requête de son père : monter tout en haut d'une crête au fin fond du Canada pour admirer une dernière fois la vallée. Ils ne se connaissent pas. Frank n'a pas grandit avec lui, mais avec un homme dur à la tâche, qui lui a enseigné l'autonomie et la force intérieure. Qui est-il ? Nous ne le savons pas. Son père a cherché à le voir très rarement, et leurs rencontres ont été désastreuses car il buvait trop. Il est un métis indien qui ne connait rien à la tradition indienne.

Cette seule et dernière rencontre va être l'occasion de révélations importantes pour Frank, une forme de rédemption pour le père. Il s'agit d'une marche pour guérir, comme le titre original « Medecine walk ». C'est rude et magnifique.

Ces derniers moments permettent d'accepter ce qui ne peut l'être, en particulier avoir un père aussi nul. Ce roman profond amène à réfléchir sur la peur, le besoin de connaître ses origines, le besoin d'amour pour avoir confiance en soi.

Malgré une lecture peu fluide, ce livre laisse une très forte impression.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature canadienne

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Publié le 9 Décembre 2020

Un paumé - qui ne l'est pas tant que ça - s'adresse à une famille de paumés pour l'aider dans sa cavale. Il se révèle sensible, intelligent.

Le héros – le fils de la famille - le prend pour un manipulateur …. comme le lecteur. En réalité, il est lui-même manipulé par une jeune fille bien dérangée qui ne veut que du malheur autour d'elle. Tout est bien amené, y compris la fin.

C'est une plongée réussie dans un univers très sensoriel : la chaleur de l'été, les couleurs.

A lire l'hiver !!!

Joyce Maynard sait entrainer le lecteur où elle le veut, à un bon rythme, l'ennui est impossible.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 9 Décembre 2020

Malgré un début pas très bien écrit, ce livre devient très prenant et très intéressant sur le SOE Service des opérations à l'étranger. Ce roman donne une bonne idée de la peur pendant la seconde guerre mondiale …. Et puis le héros meurt au milieu de l'histoire ! Pas banal.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature suisse

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Publié le 2 Décembre 2020

Alias Caracalla est un témoignage exceptionnel au cœur du réacteur de la Résistance.

Daniel Cordier est encore mineur quand il part pour l'Angleterre, confiant, plein de ses certitudes puisées dans une éducation antisémite et maurassienne. Pendant deux ans, il s'applique à devenir un combattant, impatient d'en découdre avec l'ennemi. Enfin il est parachuté sur le sol français pour être un opérateur radio du Bureau Central de Renseignements et d'Action. Arrivé à Lyon, il est réquisitionné immédiatement par Rex, alias Jean Moulin, pour devenir son secrétaire particulier. Ce rôle n'est pas une sinécure pour un jeune homme de vingt ans : décodage et codage des messages, premier point de la journée à sept heures pour enchainer les réunions, relève des boites aux lettres, rédaction des messages et des rapports … Il en oublie de manger, dort peu et ressent une solitude immense, tout contact avec sa famille ou ses amis lui étant interdit.

Il ne connait pas le vrai nom de Rex, alias Jean Moulin, ne sait rien de lui, sa carrière avant la guerre.

Cordier a un enthousiasme incroyable, il est plein d'énergie, de courage et d'intelligence. Ses convictions antisémites et maurassiennes cèdent au fil des rencontres.

Il est persuadé qu'il n'en réchappera pas car le danger est permanent. Un résistant sur trois sera arrêté et les arrestations s'accélèrent avec le temps. La solitude est totale tout le temps où il est en France.

La première partie de ce journal est rocambolesque parfois, vivifiante. Cordier fait de magnifiques rencontres, comme par exemple Stéphane Hessel et Raymond Aron.

L'arrivée en France est plus ardue, difficile de suivre tous les méandres de la Résistance. C'est un gros bazar. Heureusement, le récit de ces luttes internes pour le pouvoir est allégé par de savoureuses anecdotes.

La Résistance a souvent frôlé la catastrophe, tant les rivalités étaient fortes.

Pour finir, merci à monsieur Henri Frenay – chef du mouvement Combat - d'avoir donné envie à Daniel Cordier d'écrire cette page d'histoire avec tout son cœur et sa rigueur.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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