litterature canadienne

Publié le 14 Décembre 2020

Après avoir refermé ce livre, les images de la forêt, de la rivière serpentant dans la vallée, les jeux de jeunes coyotes dans la neige ou les abris fabriqués avec des branchages restent longtemps en mémoire. On est dans la Nature, on a envie d'y être.

Nous y suivons Frank, seize ans, qui accède à la requête de son père : monter tout en haut d'une crête au fin fond du Canada pour admirer une dernière fois la vallée. Ils ne se connaissent pas. Frank n'a pas grandit avec lui, mais avec un homme dur à la tâche, qui lui a enseigné l'autonomie et la force intérieure. Qui est-il ? Nous ne le savons pas. Son père a cherché à le voir très rarement, et leurs rencontres ont été désastreuses car il buvait trop. Il est un métis indien qui ne connait rien à la tradition indienne.

Cette seule et dernière rencontre va être l'occasion de révélations importantes pour Frank, une forme de rédemption pour le père. Il s'agit d'une marche pour guérir, comme le titre original « Medecine walk ». C'est rude et magnifique.

Ces derniers moments permettent d'accepter ce qui ne peut l'être, en particulier avoir un père aussi nul. Ce roman profond amène à réfléchir sur la peur, le besoin de connaître ses origines, le besoin d'amour pour avoir confiance en soi.

Malgré une lecture peu fluide, ce livre laisse une très forte impression.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature canadienne

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Publié le 27 Juillet 2020

L'histoire se déroule pendant la guerre de 14-18, vécue et racontée par un indien, entraîné par son unique ami Elijah pour s'enrôler dans les forces canadiennes. Bird est un être pur, qui ne supporte pas de tuer des hommes, il souffre terriblement et se retranche dans son mutisme, profitant du fait qu'il parle mal anglais. Elijah a besoin de reconnaissance, veut être le meilleur tireur d'élite. Bird, être silencieux et invisible, l'assiste pour ses reconnaissances sur le terrain, dans les no-man's land. Ils opèrent ainsi pendant plus de trois années, malgré la « médecine » qui transforme peu à peu Elijah. La morphine est distribuée facilement.

Le livre commence par la venue d'une vieille indienne, en habits traditionnels, dans une gare canadienne, elle sait qu'un des deux garçons est de retour, garçons qu'elle a en partie élevés. Le roman est à deux voix, celle de Bird et celle de sa tante Niska. Elle use du récit pour apaiser le jeune homme brisé qu'elle trouve dans le train. Et c'est l'occasion pour nous de mieux connaître la culture indienne. Elle l'emmène sur la rivière sur son canoë pour revenir là où ils ont toujours vécu, pour reprendre vie.

Jamais un livre n'a été autant explicite sur l'enfer que représente le combat quotidien dans les tranchées pleines de boue, de rats, le désœuvrement des combattants quand ils sont au repos, l'absurdité parfois des ordres donnés par des chefs restant loin des cris et du sang.

Comment raconter ce qui ne peut se raconter ?

Raconter est une forme de rédemption ici, Niska raconte tout ce qu'elle peut pour ancrer à nouveau l'homme dans sa culture cree, retrouver ses sources, son histoire, toutes choses éteintes pendant ces trois années de combat pour la survie et lui dire aussi qu'il est possible de surmonter les épreuves et qu'il n'est pas seul, elle est là près de lui.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature canadienne

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Publié le 10 Août 2019

Le point de départ de cette histoire est prometteur : un homme disparaît complètement de son ancienne vie pour se venger d'une injustice. C'est tout du moins ce qu'il ressent car ce héros n'est guère sympathique, plutôt pathétique. Il reprend son activité de metteur en scène spécialiste des pièce de Shakespeare … auprès de détenus d'une prison.

Et puis j'ai décroché car rien ne retenait plus mon intérêt. Je n'avais pas envie de voir jusqu'où irait la méchanceté imbécile du personnage principal.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature canadienne

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Publié le 14 Juin 2019

Ce livre très brillant, avec de très jolis passages, nous offre un récit trop improbable pour y « rentrer ». Les extrêmes me dérangent, sauf quand ils sont tirés de l'histoire vécue. L'effet est raté pour moi. Je suis déçue car j'apprécie cet auteure.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature canadienne

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Publié le 19 Janvier 2019

Il s'agit d'un recueil de nouvelles. La première débute de manière romanesque puis vire au drame et se termine comme un genre de songe, dans lequel l'héroïne, mourante, s'adresserait alors à son amour rêvé. Alice Munro sait en peu de mots construire un récit original et étonnant, sans brusquerie et avec intelligence.

Pourtant, elle décrit tout, le moindre détail donne du sens, du rythme et reste efficace. C'est absolument parfait.

L'écriture est si visuelle qu'il serait possible de peindre le cadre de ces histoires, la barque, la maison, la végétation.

C'est aussi fort que « Fugitives ».

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature canadienne

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Publié le 6 Décembre 2017

Kim Thúy relate son histoire à partir du moment de l'arrivée des khmers dans sa maison, puis son intégration au Canada, et enfin comment elle vit avec ses enfants.

Elle raconte par petites touches, comme un peintre, avec des allers retours entre l'enfance et l'âge adulte. Chaque touche est un fait évoqué, qui ne dure  jamais plus d'une page, retracé avec une infinie délicatesse.

Ce petit livre est dense en émotions et, grâce suprême, fait rire par moments.

La langue est fluide, superbe, ce n'est pas la langue maternelle de l'auteur puisqu'elle a écrit le livre en français, mais c'est un français complètement acquis dans toutes ses nuances, ses subtilités.

Enfin ce récit est une grande leçon d'humanité et de dignité, témoignage d'une enfant boat people qui fait écho aux réfugiés d'aujourd'hui.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature canadienne

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Publié le 20 Octobre 2017

Hubert Reeves raconte sa vie, avec beaucoup d'humanité et d'humilité. Ce livre donne envie de lire d'autres livres de cet auteur. Il fait part de ses angoisses métaphysiques mais aussi de l'intuition du chercheur, et décrit le milieu de la recherche.

Le livre est très agréable à lire, surtout parce que ce monsieur est charmant.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature canadienne

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Publié le 20 Octobre 2017

Margaret Atwood nous emmène dans un univers déshumanisé à l’extrême, tout y est réglé dans le moindre détail, jusqu’au nom de ces servantes écarlates : Deglen est celle de Glen, Defred, celle de Fred etc…, femmes dont l'unique but est de procréer avec Glen, Fred, un homme imposé, un homme qui possède le pouvoir.

Pour parfaire la sensation d’étouffement, l’héroïne ne peut que supposer les moyens de surveillance : le trou dans le plafond de sa chambre, le réseau d’écoute dans les rues où elle a le droit d’aller … non pas pour  se promener mais faire les courses pour la maison.

Régulièrement les souvenirs affluent, au gré de l’humeur de l’héroïne, ils sont douloureux puisque personne ne peut lui dire que sont devenus ses proches. L’auteur distille les informations au compte-goutte, juste au moment où nous avons l’impression de tout connaitre de la situation de cette servante écarlate et de cette société impitoyable, fabriquée semble-t-il pour que tout soit parfait.

La question est pourquoi ? pour qui ? car tous les protagonistes sont prisonniers de leur rôle attribué, en imaginant que l’autre est plus libre en réalité que lui-même … A méditer.

La dictature décrite dans ce livre est arrivée alors que la société précédente était considérée comme malsaine, or celle-ci ressemble furieusement à la nôtre aujourd’hui.

La fin est géniale, elle parodie les historiens universitaires "Notre tâche n'est pas de censurer mais de comprendre", mais n'est que plus glaçante encore. Impossible de ne pas penser à la shoah ou aux enfants de dissidents argentins pendant la dictature donnés aux familles militaires, et plus largement à toutes les exactions des régimes totalitaires.

L'auteur vient de recevoir le prix Franz Kafka pour son oeuvre et en particulier pour ce livre, écrit il y a plus de trente ans.

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature canadienne

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Publié le 17 Août 2017

C'est une histoire racontée à l'oreille, comme une confidence, constituée des récits des ancêtres d'Alice Munro. Ils viennent de contrées lointaines et hostiles, au delà des mers, là ou seul le lichen pousse, où on est obligé d'inventer, de voir des fées et des fantômes, pour supporter la fatalité.

Ensuite il y a la longue traversée en mer sans espoir, mais avec la ferme volonté d'en finir avec l'Ecosse. Viennent ensuite les constructions en rondins pour maisons, les frères et soeurs qui passent leur vie entière ensemble, faute d'avoir su faire autre chose que subsister. Enfin arrivent les grands-parents, épanouis, qui vivaient de peu, rythmés par les saisons et quand il fallait un peu plus d'argent, prenaient un veau de plus.

Les meilleures pages sont celles de l'enfance d'Alice, pages pleines de grâce, d'images, de ressentis de la nature. Difficile alors de terminer car la maladie et la mort s'invitent ... la vraie vie en somme.

Attention, ce livre demande un peu d'effort, surtout au début; il faut lâcher prise et prendre ce que l'auteur a bien voulu nous donner, comme un cadeau.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature canadienne

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