litterature francaise

Publié le 16 Mars 2021

Ce livre est déroutant parce qu'assez vite la question de l'objet de ce livre se pose. A première vue, il s'agit de la triste histoire d'une famille centrée sur la déficience d'un enfant et, en parallèle, la vie de Buster Keaton, célèbre réalisateur et acteur de films burlesques américains du début du siècle dernier. Tout ce qui a trait à cet acteur génial est très intéressant et aurait pu être rassemblé dans un article.

Pour le reste, l'intérêt de ce roman pourtant très bien écrit m'a échappé.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 2 Février 2021

Pourquoi avoir écrit ce livre ? Pour avoir le droit d'être reconnue comme une victime. Etre reconnue comme victime donne la possibilité de vivre avec ce qui a fait de vous une victime.

La première moitié du livre dépeint la vie de petits enfants livrés à eux-mêmes, à qui l'expression des sentiments est refusée. Ils gênent les adultes, ceux qui savent. Ils sont enfermés par des injonctions permanentes, parfois contradictoires, tout est dit au nom de la liberté. De petits faits sont relatés, sans pathos, pour illustrer cette éducation « originale ».

Par exemple, la mère se moque de sa petite fille de six ou sept ans parce qu'elle lit la comtesse de Ségur. La mère lui demande de ne pas lui montrer qu'elle lit ce livre et se refuse à lui suggérer des lectures.

Camille adore sa mère, son odeur, sa gloire de professeur, ses discussions sur tous les sujets, ses yeux bleus.

Camille et ses frères, à leur retour de colonie de vacances, découvrent qu'ils ont déménagé et que leurs parents se sont séparés. Et la mère leur enjoint de considérer tout ça comme un « non-évènement ». Ce mot ne devrait pas exister. Cela n'existe pas. Surtout pour des enfants de sept ans.

Voilà le triste cadre dans lequel le beau-père pourra asseoir son emprise. Il va tous les charmer, et commettre l'inceste avec le frère jumeau.

S'en suit tout ce qui accompagne le crime : la culpabilité de la victime, le silence comme remède, l'impossibilité de continuer à vivre avec le secret, le besoin de loyauté.

Pourquoi la familia grande ? Ce sont tous les gens qui étaient autour d'eux, tous ceux qui ont pu voir, qui ont su et qui n'ont jamais consolé les victimes. Peine ajoutée à la peine.

Beaucoup à dire sur ce court livre, facile à lire et pénible à ressentir. Camille Kouchner est une lutteuse. Où trouve-t-elle toute cette énergie de vie ? Pendant trente ans, elle oscille sans cesse entre la culpabilité de se taire et le besoin de faire exploser la vérité pour enfin … vivre. Libérée.

 

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 2 Décembre 2020

Alias Caracalla est un témoignage exceptionnel au cœur du réacteur de la Résistance.

Daniel Cordier est encore mineur quand il part pour l'Angleterre, confiant, plein de ses certitudes puisées dans une éducation antisémite et maurassienne. Pendant deux ans, il s'applique à devenir un combattant, impatient d'en découdre avec l'ennemi. Enfin il est parachuté sur le sol français pour être un opérateur radio du Bureau Central de Renseignements et d'Action. Arrivé à Lyon, il est réquisitionné immédiatement par Rex, alias Jean Moulin, pour devenir son secrétaire particulier. Ce rôle n'est pas une sinécure pour un jeune homme de vingt ans : décodage et codage des messages, premier point de la journée à sept heures pour enchainer les réunions, relève des boites aux lettres, rédaction des messages et des rapports … Il en oublie de manger, dort peu et ressent une solitude immense, tout contact avec sa famille ou ses amis lui étant interdit.

Il ne connait pas le vrai nom de Rex, alias Jean Moulin, ne sait rien de lui, sa carrière avant la guerre.

Cordier a un enthousiasme incroyable, il est plein d'énergie, de courage et d'intelligence. Ses convictions antisémites et maurassiennes cèdent au fil des rencontres.

Il est persuadé qu'il n'en réchappera pas car le danger est permanent. Un résistant sur trois sera arrêté et les arrestations s'accélèrent avec le temps. La solitude est totale tout le temps où il est en France.

La première partie de ce journal est rocambolesque parfois, vivifiante. Cordier fait de magnifiques rencontres, comme par exemple Stéphane Hessel et Raymond Aron.

L'arrivée en France est plus ardue, difficile de suivre tous les méandres de la Résistance. C'est un gros bazar. Heureusement, le récit de ces luttes internes pour le pouvoir est allégé par de savoureuses anecdotes.

La Résistance a souvent frôlé la catastrophe, tant les rivalités étaient fortes.

Pour finir, merci à monsieur Henri Frenay – chef du mouvement Combat - d'avoir donné envie à Daniel Cordier d'écrire cette page d'histoire avec tout son cœur et sa rigueur.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 24 Novembre 2020

Françoise Giroud a écrit ce récit juste après son suicide. Raté, forcément puisqu'elle nous le raconte. Elle a eu une vie ponctuée de malheurs, comme si le malheur appelait le malheur. Elle ne parvient pas à se défaire de la culpabilité qui l'accompagne.

Le sujet est sensible, il donne à lire des phrases vraiment émouvantes et magnifiques.

Il est à noter que ce récit a été trouvé par Alix de Saint-André et qu'il est possible de Françoise Giroud ne songeait pas à éditer ce livre.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 26 Octobre 2020

Roman brillant sur les chutes sous toutes ses formes …. Le point de départ est un serveur noir qui se fait casser le nez dans un restaurant trois étoiles par un client … personne ne réagit. La fin du livre est terrible et rien ne la laisse présager. Très bien construit et prenant.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 26 Octobre 2020

Excellent et prenant. Quel génial écrivain. Les descriptions sont magnifiques. Histoire intemporelle, extrêmement visuelle.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 16 Octobre 2020

Il s'agit de deux romans, le premier nommé « Silex » se déroule à la fin du 19ème siècle, époque contemporaine de l'auteur. Un baron parisien décède, laissant sa veuve et son fils. La femme décide d'emmener son fils dans sa famille de Carpentras, pour le distraire de son chagrin. Paul, gâté par la vie, n'aime que les plaisirs intellectuels : la poésie, le théâtre, la musique. Ce jeune adulte faisait le désespoir de son père, incapable de s'investir dans une carrière quelconque.

Il découvre la vie de province et sa cousine Blanche. Tout n'est que pureté d'âme chez elle, épouse et mère parfaite, son chemin guidé dès son plus jeune âge par un prêtre.

Elle n'est pas malheureuse, elle a pris la place qui lui était assignée, fait son devoir. Vous devinez la suite, vous vous trompez sans doute.

« La fin du marquisat d'Aurel » se situe plus tôt dans le temps : autour de cette période trouble de la Révolution Française, dans un petit village situé sur les hauteurs du Mont Ventoux. Nous suivons l'évolution d'un marquis entre sa vie quotidienne dans ses terres faite de chasse, marches sans fin et gloutonneries au château, puis ses espoirs parisiens, ses campagnes. Son destin doit suivre de force les évènements. Il est déchiré entre ses devoirs de classe et son cœur. L'auteur nous invite à partager les tourments de Palamède, sans pour autant nous ennuyer un seul instant. Il réussit à nous intéresser à cette période violente et difficile pour tout le monde.

Le point commun de ces contes est la bêtise mêlée de l'ignorance, thème resté moderne.

Le style est merveilleux : imagé, énergique, amusant. Les mots sont variés, vivants, riches, recherchés et c'est un pur bonheur de lecture. Quel tort pour la littérature de n'avoir pas donné la place qui revenait à cet auteur.

 

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 3 Septembre 2020

Le titre du roman est le nom de l'hôtel où sont réunies cinq femmes ayant en commun la réussite à un concours. Elles vont participer à l'écriture d'un livre, sous la houlette d'un écrivain déjà reconnu, pendant une semaine sur une des îles Marquises.

Assez vite, l'écrivain disparaît, une des femmes est assassinée, le mystère s'épaissit. Une des femmes est accompagnée de son mari, il va mener l'enquête, assisté de la fille d'une autre participante. 

Le style a tout de suite eu une emprise sur le récit, des paragraphes ornés de dessins, à l'instar de ces livres pour jeunes lecteurs, des phrases en langage parlé, écrites au fil de l'eau. Malgré les rebondissements et les suspens évidents, j'ai eu beaucoup de difficulté à terminer ce roman. Le propos sous-jacent me dérange, ces femmes toujours rivales, la justice mieux faite par soi-même, etc … L'écriture compte beaucoup pour mon plaisir de lectrice et je n'ai pas su m'adapter à ce style. Je voulais lire un livre de cet auteur célèbre pour savoir ce qui plait tant.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 12 Juillet 2020

Je croyais que ce roman était écrit pour les enfants, sans doute à cause de son titre. Il n'en est rien. L'histoire se déroule dans une réserve d'animaux sauvages du Kenya, dans les années cinquante. Kessel raconte à la première personne. Il s'y rend pour 24 heures, comme tout voyageur pressé et avide d'aventures, pour rencontrer le patron, « Bull » Bullit, célèbre dans toute l'Afrique pour ses chasses. Désormais, il protège et respecte les animaux du « Parc Royal ». Tombé sous le charme de la Nature exubérante, le narrateur décide de rester. Il est aussi fasciné par la fillette du patron qui semble avoir une connaissance exceptionnelle de la jungle et de ses habitants. Le héros est joueur, tout comme l'était Kessel, il reste pour satisfaire sa curiosité.

Ce livre est une ode à la Nature, sa vigueur, ses règles simples. Par exemple, un animal mange par besoin et seulement ce qu'il lui faut. Les coutumes des Masaï donnent à réfléchir : ils ne possèdent rien, seulement quelques lambeaux de tissus sur leurs corps nus, des lances pour chasser et des vaches. Ils construisent leur maison commune « Manyatta » avec de la bouse de vache projetée sur des structures de ronces, bouse qui durcit très vite avec le soleil. Ils se déplacent ainsi, selon les besoins du cheptel. Leurs ennemis sont : « l'enracinement, l'attachement, la pesanteur ».

A la lecture de ce fabuleux récit, il est aisé de comprendre le succès phénoménal de ce livre. Il ouvrait le regard sur une Afrique encore peu connue - la télévision était alors rare et internet inexistant - un regard neuf, sans doute différent de celui porté par les colonisateurs. Les merveilles de ce continent sont à portée des yeux de ceux qui respectent les lieux et leurs habitants. Et nous avons à apprendre beaucoup d'eux.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 6 Mai 2020

Vers la fin du récit, l'auteur raconte combien fut réjouissant le viol de la prostituée, cadeau d'anniversaire de l'un d'entre eux. Tout est dit.

Ensuite Zykë s'offusque de tous les chefs d'accusation, plus de quatre-vingt, dont il est victime pour être dépossédé de sa mine d'or. Son sens des réalités se perd progressivement, surtout lors de la séparation avec sa femme. Ses méthodes sont violentes, il tire au ras des têtes de ses « esclaves » pour faire accélérer la cadence du travail, détruit tout ce qui lui déplaît et autant de fois que cela lui sied. Il fait régner la peur et aime ça. Il a ses principes d'honneur bien à lui.

La première partie du livre tient en haleine car c'est la description vécue de l'intérieur de la jungle du Costa Rica en 1982, ses plages et ses anses, les pulperia, cafés locaux, ses personnages hauts en couleur.

Puis tout se dégrade quand il découvre de vraies pépites.

Il s'amuse de donner aux indiens de l'alcool pour les mettre à sa merci. Nous sommes en 1982. Voilà une belle époque où le mâle blanc pouvait s'offrir le monde, y compris des petites jeunes filles de quinze ans, en se croyant leur bienfaiteur.

Ce livre, vendu à des millions d'exemplaires dans le monde entier paraît-il, a été présenté dans l'émission littéraire « Apostrophes » en 1985.

Personne n'a protesté sur les valeurs de Zykë concernant les populations locales, les femmes et l'écologie. Sa participation lui a, au contraire, apporté une image respectable, entouré de De Kersauzon et autres. Le fait d'être un aventurier n'excuse pas tout.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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