Publié le 18 Mai 2021

Une jeune fille raconte son quotidien d'américaine dans une banlieue modeste de nos jours. Elle a un seul ami, depuis toujours, qu'elle retrouve dans le parc de jeux de leur enfance et au lycée. Sa mère ne s'en occupe guère, elle ne s'intéresse pas à elle, n'a aucune tendresse à son égard. Son père disparaît pendant des mois, pour aller couper du bois loin de chez eux. Quand il revient, il passe la tondeuse sur ses cheveux. Il aime les calembours et surtout, il adore s'envoyer en l'air avec sa femme, bruyamment.

Le père ne prévient pas de son retour, son arrivée éventuelle paralyse sa famille. Il est jaloux et violent.

Il est beaucoup question de sexe dans cette histoire ; Lucy s'y essaie, constatant que c'est la seule activité qui réunisse ses parents.

Sa perte de virginité lui fait croire qu'elle a plus d'assurance, qu'elle prend l'ascendant sur sa mère. Elle reste une petite fille qui a besoin de ses parents. Eux n'ont nul besoin d'elle et elle serait plutôt un embarras, à défaut de les réunir.

C'est douloureux, il n'y a rien à espérer. Lucy est un personnage auquel on ne croit pas. Tout au long de ce triste roman, on tremble de ce qui va se passer et c'est désagréable.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 7 Mai 2021

Nous sommes dans un pays d'Amérique du Sud, sous le joug d'une junte militaire. La plongée dans l'enfer débute avec l'enlèvement du père de Pablo, sous ses yeux de jeune garçon de seize ans. Il vivait seul avec lui dans une ferme isolée. Pablo a pu se cacher à temps – son père l'avait prévenu et lui avait préparé une cachette – et tout observer. Il grandit d'un coup, plein de fureur non exprimée.

L'écriture est efficace, on a mal, on a chaud. Mais on n'a pas encore tout lu.

Pablo va trouver refuge chez un couple d'inconnus, de l'autre côté de la colline. La femme est sur le point d'accoucher, l'homme disparaît régulièrement. Puis l'espoir arrive enfin.

L'écriture sert magnifiquement l'angoisse, phrases sans verbes, associations de mots inédites. Une envie de poésie peut-être, pour mieux se rapprocher de l'action, qui mène dans un second temps à l'asphyxie du texte, à force de phrases trop recherchées …

La douleur reste aigüe à lire, récit de séparation sans réparations.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 6 Mai 2021

Peu après le décès de sa mère, une femme reçoit de son avocat deux lettres, la première lui est destinée, l'autre l'est à un inconnu, à ceci près qu'il s'agirait du demi-frère de sa mère défunte. Or sa mère ne l'a jamais évoqué. Les parents de cette femme sont morts tragiquement, le père lors du bombardement de Nagasaki et sa mère des suites de ce bombardement.

Ce court roman est dense, d'une écriture sèche, sans fioritures, et, surprise, voulant voir le nom du traducteur, est écrit en français.

Cette histoire est captivante, inattendue, et éclaire sur cette période très difficile pour le peuple japonais. Beaucoup d'efforts ont été exigés pendant la seconde guerre mondiale à des gens affamés la plupart du temps.

Les traditions sont bien évoquées aussi, le poids de la famille qui entrave les relations amoureuses, la toute puissance de l'homme.

Ce premier volet d'une série nommée « Le poids des secrets » est tout à fait évocateur. Quels sont les autres secrets ? De quel ordre ?

Envie de lire les autres opus ...

 

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature canadienne

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Publié le 4 Mai 2021

Ce roman est une fresque de la société anglaise au cours des années qui précèdèrent le referendum du Brexit. Les personnages sont très divers, ce qui donne à croire qu'il s'agit d'une peinture relativement exhaustive.

Certains dialogues semblent venir tout droit de la réalité. Des éléments statistiques donnent à réfléchir : en 2014, le nombre de personnes ayant recours à l'aide des banques alimentaires a augmenté de 20 %. Le Brexit est voté le 23 Juin 2016.

Ce referendum a causé des dégâts dans la société, en particulier pour les étrangers qui se sont vus plus stigmatisés.

Beaucoup de mélancolie, de tristesse, d'amertume, se dégage de ce roman, ponctué de scènes amusantes. Le portrait du conseiller de Cameron, alors premier ministre, est drôle et jubilatoire. Il semble s'amuser énormément, joue avec excitation avec l'opinion publique. Ce jeu de pouvoir semble obturer sa vision de la réalité ... C'est si crédible que c'en est effrayant.

 

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature britannique

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Publié le 11 Avril 2021

La première partie de ce roman nous prévient d'une tragédie à venir et nous y conduit, la seconde décrit comment la vie peut ou ne peut pas continuer malgré elle.

Nous suivons l'histoire d'Agnès et son mari à Stratford, en Angleterre, à la fin du 16ème siècle, l'arrivée des enfants, le père qui construit sa vie professionnelle à Londres. Son nom et son prénom ne sont jamais donnés, celui de son fils, maintes fois répété, est Hamnet, qui donnera son nom, Hamlet, à une des plus célèbres pièces de son illustre père.

Outre que le sujet n'est guère heureux, le récit est alourdit par de complaisantes descriptions, des allers-retours incessants dans le temps, et le pire, des suppositions si et alors si, sinon. Nous avons même le privilège de suivre la vie d'une puce venant d'Egypte jusqu'à Stratford, en passant par Murano. Le personnage d'Agnès a une prescience de ce qui peut advenir mais ne communique pas. La famille est pure et parfaite, entourée d'épouvantables méchants.

Bref, le charme n'est jamais venu, l'impatience et l'agacement ont dominé. L'imagination ne s'est jamais mise en route.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature britannique

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Publié le 5 Avril 2021

Le titre improbable donne une petite idée du ton résolument original de ce roman coréen.

Le héros est un chamane – tout au moins c'est ce qu'il veut faire croire à ses clients – qui fait des incantations et des divinations pour des gens désespérés. Il dispute ses clients pour les impressionner, c'est très amusant, et pratique des tarifs élevés pour les impressionner encore, et surtout pour commander des costumes sur mesure en Italie. Pour mieux les bluffer, il s'appuie sur les recherches internet de sa sœur, ex-collaboratrice du FBI, qui trouve tout ce qui doit être trouvé. Un autre personnage complète le trio, un gros bras chargé des recherches « physiques », et de faire peur aux malotrus qui s'intéressent de trop près à leurs affaires.

Celles-ci s'enchainent, elles s'approchent des milieux de pouvoir, où les chamanes ont semble-t-il une certaine influence. Elles intéressent aussi un duo de policiers.

L'auteure interpelle le lecteur, le fait revenir en arrière sur les faits, ce qui est rare et dépaysant, et met des commentaires en bas de page, pour une plus grande proximité. Le doute plane parfois sur la traduction, mauvais accords entre autres qui obligent à relire la phrase, mais la qualité du roman l'emporte vraiment. C'est aussi l'occasion de lire de la littérature Sud-coréenne, ce qui n'est pas si courant.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature coréenne

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Publié le 20 Mars 2021

Ce réjouissant livre – l'auteur raconte les faits de façon très amusante – traite d'un sujet important : être hypersensible n'est pas de tout repos. Maurice, puisque d'entrée de livre il y a une proximité établie avec le lecteur, nous raconte les cinquante premières années de sa vie, sa famille, son travail, ses amours. Arrivé à un certain moment de son existence, il n'en peut plus, ne peut plus continuer ainsi et décide de consulter. Il est pressé, il va voir un analyste pendant trois ans puis essaie tout ce qui peut accélérer l'amélioration de son état … d'hypersensible. Alors il relie tout ce qui l'a constitué à la lumière de cette découverte. Et souhaite faire partager à ses lecteurs les difficultés rencontrées. Régulièrement, sa thérapeute intervient pour compléter ce qui a été décrit par des références à des études scientifiques, des constats effectués sur sa patientèle, etc …

Ce livre dévoile toutes les caractéristiques des hypersensibles : la misophonie (ne pas supporter les sons de mastication par exemple), une trop grande empathie, le manque de confiance en soi, le perfectionnisme, … A vous de les découvrir et, qui sait, de vous y retrouver.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Document

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Publié le 16 Mars 2021

Ce livre est déroutant parce qu'assez vite la question de l'objet de ce livre se pose. A première vue, il s'agit de la triste histoire d'une famille centrée sur la déficience d'un enfant et, en parallèle, la vie de Buster Keaton, célèbre réalisateur et acteur de films burlesques américains du début du siècle dernier. Tout ce qui a trait à cet acteur génial est très intéressant et aurait pu être rassemblé dans un article.

Pour le reste, l'intérêt de ce roman pourtant très bien écrit m'a échappé.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 11 Mars 2021

Les Allemands ont envahi la France en 1940. Maintenant, imaginez un peu la suite. Ils ont exproprié les gens, pris leurs ressources, affamé les Français. Ceux-ci n'ont eu comme seule espérance de survie que d'émigrer en Allemagne. Là, ils ne sont pas considérés comme des Allemands, ils vivent dans des bidonvilles à l'écart. Toutes les générations d'Allemands les harcèlent, dès le plus jeune âge. Ils doivent germaniser leurs noms et prénoms. Etant donné que les Français sont bagarreurs et paresseux, ils ne sont pas embauchés par les entreprises locales.

Voilà ce qui s'est passé avec les Coréens un peu avant la seconde guerre mondiale. Entre temps, les puissants de ce monde se sont partagés leur nation. Et l'ostracisation continue. Les enfants nés ensuite sur le sol japonais n'ont pas droit à la nationalité japonaise. Ils doivent dès l'âge de quatorze ans demander un visa, à renouveler tous les trois ans. Dissuasif. Et les enfants de ces enfants doivent faire de même. Alors que faire ? Résister encore et encore ? Travailler plus qu'un Japonais ? Se faire passer pour un Japonais ? Renoncer à son identité coréenne ?

Les Coréens ont ouvert des salles de Pachinko où ces machines de Pachinko ravissent les Japonais joueurs. Ils s'agit de sorte de flippers qui permettent de gagner le gros lot. Ces salles sont plus ou moins liées à la mafia et ont très mauvaise réputation.

Pachinko est un roman riche de toute cette histoire, raconté merveilleusement bien, beaucoup d'images, d'évènements surprenants. Une fois encore, la fiction fait son œuvre, le lecteur, attaché aux personnages, souffre avec eux des affres de ces règles odieuses.

La difficulté de vivre dans ces conditions pousse certains au mensonge, en faisant croire qu'ils sont japonais. Ils doivent se couper de leur famille et craindre tout au long de leur vie d'être découverts. Les familles aisées japonaises font de nos jours des recherches sur les conjoints potentiels de leurs enfants afin de vérifier qu'ils n'ont pas d'origine étrangère ou Burakumin, c'est à dire de classe inférieure.

Comment ces « Coréens », qui sont nés et ont toujours vécu au Japon, ressentent-ils la situation actuelle ? Ont-ils envie d'aller en Corée ? En tous cas, quelle histoire !

 

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 26 Février 2021

Gifty, une jeune californienne, consacre toute ses journées à la recherche sur la dépendance aux opioïdes. Elle n'a pas d'amoureux-se, très peu d'amies, une mère qui habite loin, en Alabama. Or cette mère lui est adressée par le pasteur car elle est en profonde dépression. Elle se retrouve ainsi à avoir la charge de cette femme qui ne se lève pas de son lit, refuse de manger et ne parle plus.

Gifty est obligée de faire face, et tous les souvenirs enfouis refont surface. La mère pensait offrir un bel avenir à son fils, ce fils a disparu tragiquement, le père a préféré la culture ghanéenne à l'américaine. Gifty – un cadeau ? - sait qu'elle n'avait pas été désirée, sa mère le lui a dit bien souvent.

Toutes ces douleurs sont évoquées en douceur, par petites touches délicates, sur fond d'église omni-présente, de déracinement culturel et de racisme ordinaire.

Yaa Gyasi dévoile peu à peu la façon dont les malheurs sont arrivés, avec des chapitres courts, pour laisser souffler son lecteur reconnaissant. La narration est délicate, rythmée, parfaite.

Le sujet central de ce magnifique roman est la perte, comment l'accepter ? Comment se reconstruire après ?

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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