Publié le 27 Mars 2020

Ce conte se situe dans une petite ville polonaise imaginaire, au début du siècle dernier, avec ses deux rivières, sa forêt, deux ou trois grandes villes alentour.
Certains de ses habitants sont un peu étranges. Puis survient un fait réel : la première guerre mondiale. Michel Céleste, le meunier, découvre à son retour du front sa petite Misia, à qui il offre son trophée de guerre, un moulin à café. Un châtelain désoeuvré reçoit en cadeau du Rabbin un jeu qui se joue tout seul, jeu qui l'obsède complètement, au point de tout oublier. Au détour d'une conversation entre un militaire et un jeune homme un peu simplet s'engage une réflexion sur la place de Dieu.
Le livre est merveilleusement écrit, même si je lis une traduction du polonais, avec de très courts chapitres ayant toujours pour titre « Le temps de ... ». Le sujet du temps est aussi bien l'un des nombreux personnages que le chat ou le saule pleureur, ou qui sait ? Cela évoque les récits d'Isaac Bashevis Singer, autre grand écrivain nobélisé.
Il y a de nombreuses digressions et réflexions superbes, philosophiques, drôles, au gré de la vie de ces gens qui se déroule sur plusieurs générations, avec des traits relatifs aux élans de la vie, de la Nature. Les émotions sont palpables, envie de rire, de pleurer, tout est à prendre.
Par exemple, il est question de l'inquiétude des gens face à l'inconnu, aux situations perpétuellement changeantes, à l'incertitude, un écho à notre confinement ...
Cette vraie fiction est magique et magnifique, tout simplement.








