Publié le 11 Février 2019

Tamura est un soldat japonais qui erre sur une petite île des Philippines pendant la seconde guerre mondiale. Son chef le gifle parce qu'il n'est pas resté comme prévu à l'hôpital pour soigner sa tuberculose. Tamura avait reçu cinq jours de nourriture pour avoir le droit de séjourner à l'hôpital. Là-bas, le personnel lui a pris une partie de ses vivres, puis expulsé parce qu'il n'avait plus rien à manger. La règle est simple, pour rester il faut avoir à manger.

Tamura ne dit rien de tout cela à son chef, il obéit en soldat et s'en retourne. Il se sent libre car sa compagnie ne veut plus de lui. Mais il est condamné à mourir de faim.

Résigné, il n'a plus peur et ressent avec force la nature environnante : la forme des collines, la densité de la forêt, le vent des plaines. Devenant faible, la limite entre la vie et la mort devient ténue. Il observe avec détachement la violence de la guerre, toujours vigilant pour sa survie.

Les expériences de toutes sortes, de plus en plus extrêmes, s'enchainent au rythme de courts chapitres, ce qui aide pour reprendre son souffle tant la tension est forte. Ôoka a puisé dans ses propres souvenirs pour cette histoire, ce qui donne un prix encore plus élevé à ce roman singulier.

La fin du roman dénonce avec courage l'absurdité de la guerre, les arrangements avec ses désastres.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature japonaise

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Publié le 7 Février 2019

Deux policiers sont chargés spécifiquement des déplacements de rennes en Laponie, territoire partagé entre la Finlande, la Norvège, la Russie et la Suède. Lui est sami (c'est à dire venant de Laponie) et expérimenté, connaissant bien les règles entre éleveurs. Nina est débutante, des provinces du sud de la Scandinavie.

Un meurtre est commis et Nina pose des questions à tout le monde, à toute occasion.

Ensuite surgit un personnage bien louche. Le polar se complique. Ce Français est sûr de lui, surtout avec les femmes et ses souvenirs pourraient être ceux d'un pédophile … Bizarre.

On s'enfonce dans le brouillard, la neige, le froid. Chaque chapitre relate une journée et l'heure exacte du lever du soleil et de son coucher est précisée. La durée de la journée augmente, au rythme de l'évolution de l'enquête. Les personnages sont tous forts, fascinants pour certains. On découvre le racisme envers les Lapons, qui ne veulent qu'une chose : rester tranquilles avec leurs rennes. L'auteur nous glisse tour à tour dans la peau des policiers, des éleveurs et d'autres encore. Il faut lire vite pour suivre la progression de tous ces personnages, chacun pouvant être le personnage clef de l'énigme. Mais c'est un délice de se laisser surprendre aussi bien par l'intrigue que par la découverte de la Laponie, ses rennes, ses traditions, et ses Samis.

Le rythme est soutenu, de découvertes en découvertes jusqu'au dénouement final, à la dernière page. Les personnages sont attachants. La nature a une importance capitale, il y a un vrai message écologique. Cet excellent roman policier instruit sur une folie destructrice des ressources naturelles, ses conséquences sur la population qui en souffre (une fois encore …).

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 5 Février 2019

L'idée de départ est excellente : une femme tombe par hasard sur une lettre écrite par son mari « à ouvrir après ma mort ». Elle est terriblement tentée …

Ce livre regorge de suspens et de de rebondissements, avec une construction très efficace. Ce n'est pas de la grande littérature mais c'est un très bon divertissement.

 

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 4 Février 2019

Un jeune garçon est victime de parents épouvantables. Sa famille vit sur une lande désolée, loin de tout, dans le nord de l'Europe au début du siècle dernier.

Un artiste peintre vit non loin de là. Il fascine le garçon, il crée, il est semblable à un dieu. Il a vraisemblablement couché avec la sœur ainée.

Les descriptions absolument superbes donnent envie de découvrir ces paysages du nord, mais n'occultent pas le sentiment d'ennui.

Ce livre donne une idée de la façon dont les familles se détruisent d'une génération à l'autre … trop long et trop désespérant.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature allemande

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Publié le 1 Février 2019

Il s'agit d'un joli récit à propos de la nourriture, d'une relation entre une mère et sa fille.

Le style est délicat, plein de poésie, de superbes descriptions.

C'est un peu étrange au sens littéral du terme, comme souvent en ce qui concerne la littérature japonaise.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature japonaise

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Publié le 1 Février 2019

Du grand art dans la construction et même si parfois c'est prévisible, c'est très haletant. J'ai envie de retourner encore en Ecosse pour découvrir l'île de Lewis. Vivement la suite !

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature britannique

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Publié le 28 Janvier 2019

Dès le premier chapitre, le vertige est immense. Le général Alaouni débute sa journée … pas comme tout le monde, loin de là. Il enchaine ses activités – comme donner une leçon de torture à son lieutenant qui lui en très reconnaissant – puis s'écroule sur son canapé. Il a des soucis : il craint pour l'avenir de sa fille chérie. 

Alaa El Aswany écrit si bien que les pages s'enchainent à toute vitesse, seul le propos oblige à ralentir, implacable et désespérant. Les chapitres sont courts, consacrés tour à tour à un acteur raté, une jeune professeur d'anglais, etc … qui réapparaissent bien après. Chacun vit sa vie, a des projets ou non, des déceptions puis BOUM, la révolution arrive. La violence est permanente, oppressante. Heureusement, nous n'avons rien à voir avec eux, c'est une fiction. Pourtant les questions arrivent, universelles, comme : Comment devient-on lâche ? Qui veut se poser des questions ? Quand décide-t-on d'agir ? Quel est l'élément déclencheur d'une révolution ? Est-ce que la morale peut exister ? Est-ce possible de conserver de tels écarts de richesse entre les gens ? Quand allons-nous réussir à en finir avec ces régimes ?

De vrais témoignages sont introduits dans le récit, relatant des épisodes épouvantables de la répression. La fiction est dépassée par la réalité glaçante.

Tout au long des pages, il est répété que les égyptiens sont gentils et dociles. Fatigués et effrayés peut-être ? On le serait à moins. Ils ont été broyés, au sens propre comme au sens figuré. La leçon de cette histoire est la suivante : quand on est rien et qu'on ne sera jamais rien dans son pays, alors il vaut mieux partir. La liberté n'est possible qu'ailleurs. La deuxième leçon est : si il n'y a pas de justice, tout peut arriver, y compris de rendre justice soi-même. La justice peut alors être encore pire.

Ce cruel roman est d'actualité, à l'heure où le président Al Sissi pourrait envisager de rester au pouvoir à la fin de son mandat. Tous ceux qui ont contribué à la révolution sont en prison, partis ou morts. Al Aswany est le porte-parole courageux de tous ces gens qui croyaient à la justice et à la liberté, au prix de leurs vies et de leurs rêves.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature égyptienne

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Publié le 27 Janvier 2019

Au soir de sa vie, Fukuzawa Yukichi nous fait un merveilleux cadeau : nous raconter sa vie dans un livre. Ce livre, arrivé jusqu'à nous, est passionnant à plusieurs titres. D'abord l'émotion d'être en « contact direct » avec un Japonais du 19 ème siècle. Il raconte tout en détails : la vie à cette époque, la culture, la société. Les différences avec notre société occidentale contemporaine sont incroyables : pas de police ni de justice, des bateaux achetés aux américains sans contrats ni facture (ce qui crée de mauvaises surprises) et encore moins de récépissé de paiement … Ce récit a beau dater d'une autre époque, il est narré avec un langage fluide, simple, direct.

Fukuzawa raconte les changements de l'époque : le chaos du début de l'ère Meiji, les dangers … et comment il arrive à s'en sortir, lui le complice des Occidentaux puisqu'il a voyagé et rapporté des connaissances de l'extérieur du Japon, fermé pendant deux siècles au reste de l'humanité. Il reste malgré tous les risques fidèle à lui-même, sans concessions, avec une grande compréhension des autres.

C'est un document d'une richesse inouïe, fascinant par toutes ses péripéties et la découverte du Japon à cette époque. C'est unique en son genre mais il faudrait de telles oeuvres pour chaque époque, en tous endroits … racontés par des personnes aussi intelligentes et sensibles que Fukuzawa, un être véritablement exceptionnel.

 

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature japonaise

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Publié le 25 Janvier 2019

Deux fillettes se disputent, elles grandissent. Elles se défient et se retrouvent dans des situations périlleuses.

Malheureusement, le récit ne laisse aucun souvenir.

Seule l'échappée vers la ville me revient, il fait chaud, elles ont peur mais se poussent à continuer. A un moment, le retour est devenu vraiment compliqué.

Le pire pour un roman est peut-être d'être oublié aussitôt. C'est ce qui s'est produit avec celui-là.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature italienne

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Publié le 24 Janvier 2019

Un homme russe a fait la seconde guerre mondiale … puis s'est retrouvé ensuite au goulag. Il en sort meurtri, désespéré, et la folie le guette. Le délire est si fort que les mots, voire les phrases sont difficiles à comprendre. Nous le retrouvons à la fin du vingtième siècle lors de son retour à la maison des rencontres, celle où il avait le droit de passer exceptionnellement une soirée et une nuit avec sa femme, lors de son incarcération.

Ce récit nous montre avec finesse que le peuple russe n'a pas eu droit à son pardon, à ses pleurs. Ils en ont été incapables ou pire, ces retours sur le passé ont été interdits. Combien de gens ont été enfermés arbitrairement ? Ont eu faim, froid, peur ? Ont-ils eu droit à leur parole ensuite pour être entendus pour leurs souffrances ?

Comment construire une société sur autant de terribles histoires individuelles ? La folie du despote Staline a duré trente ans. Comment cela a été possible ?

La question est très bien posée dans ce livre et je me demande si il y aurait une autre façon de la poser …. Pas si sûr car cette destruction de l'humanité ne peut être traitée que de cette manière : hallucinée et dérangeante, avec un petit coup de canif pour notre société qui se rassure et évite de se poser trop de questions à coup de consumérisme et de bien-pensance … Assez dérangeant.

Qui a aidé les russes à s'en sortir ?

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature britannique

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