Publié le 21 Janvier 2019

Ce recueil nous offre en lecture les premières nouvelles éditées de Camus. Ces nouvelles sont magnifiques et maladroites, Camus le disait lui-même. C'est surtout très fort ; en particulier la dernière nouvelle sur le voyage, la recherche du bonheur. Beaucoup d'émotion à lire ce livre, à relire certainement, comme tout Camus. Je suis impressionnée car le merveilleux écrivain, malgré ses maladresses, est déjà là dans ces pages.

Voir les commentaires

Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 20 Janvier 2019

Une femme n'arrive pas à vivre avec un passé douloureux. Elle a un travail d'écrivain qui lui plait, un mari parfait, deux enfants …. Par moment, cela ne marche pas, surtout dans sa relation avec ses enfants.

Elle est un peu exaspérante puis la fin est superbe : la vie en Afrique, les émotions, les descriptions, les couleurs. Il y a le dénouement simple et efficace. Une bonne partie de cette histoire est ennuyeuse …

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature serbe

Repost0

Publié le 19 Janvier 2019

Il s'agit d'un recueil de nouvelles. La première débute de manière romanesque puis vire au drame et se termine comme un genre de songe, dans lequel l'héroïne, mourante, s'adresserait alors à son amour rêvé. Alice Munro sait en peu de mots construire un récit original et étonnant, sans brusquerie et avec intelligence.

Pourtant, elle décrit tout, le moindre détail donne du sens, du rythme et reste efficace. C'est absolument parfait.

L'écriture est si visuelle qu'il serait possible de peindre le cadre de ces histoires, la barque, la maison, la végétation.

C'est aussi fort que « Fugitives ».

Voir les commentaires

Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature canadienne

Repost0

Publié le 18 Janvier 2019

Bain de lune est un récit à deux voix, qui se déroule dans un village en Haïti, sans doute au siècle dernier.

L'une de ces voix est celle d'une personne du village, sans savoir de qui il s'agit. L'autre est celle d'une victime, on le sait immédiatement, sans savoir de quelle violence il est question.

Le lecteur a envie de savoir et de comprendre, là est la magie de cette histoire racontées avec de belles images et empreinte d'une immense tristesse.

La vie en Haïti est dure, désespérante, et la fatalité prend le dessus. La nature est peu généreuse.

L'acharnement à extirper le peu qu'il reste à des gens pauvres, durs à la tâche, est atroce. Leur dénuement est total, ils n'ont que leurs dieux et leurs croyances pour supporter tous leurs malheurs.

La langue haïtienne utilisée oblige à des renvois au glossaire en fin de livre. Les phrases sont parfois assez compliquées, voire ambigües.

Ce roman est avant tout sensible et intelligent.

Voir les commentaires

Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Repost0

Publié le 16 Janvier 2019

Ce roman est dense, incroyable. Il débute par les pires heures de la révolution culturelle chinoise en 1967, puis devient digne d'un bon roman policier avec des morts suspectes. Les personnages sont très particuliers, dans leurs comportements, leurs approches, mais bon, tout se passe en Chine et il y a certainement d'énormes différences culturelles et sociales. Par exemple, le héros est aperçu une fois en famille, ainsi on sait qu'il en a une mais ensuite pfuit … il n'en est plus jamais question. Or il est très très absent de sa maison pour participer à l'enquête et jouer au jeu virtuel du problème à trois corps. Là on bascule dans le fantastique, avec alternance avec des évènements de la vie réelle. Enfin le livre devient philosophique avec une très belle réflexion sur l'histoire, le droit au pardon, la difficile frontière entre le bourreau et sa victime. Et pour finir, on pourrait se croire dans un roman de Barbara Kingsolver : le point central du livre est le problème écologique qui menace la Terre. Ouf, impossible de s'endormir. Des images très fortes restent : la construction d'un ordinateur avec des humains faisant office de carte mère, l'apparition d'une forêt dans une terre hostile et abandonnée pour empêcher la disparition définitive d'oiseaux … et des personnages vraiment exceptionnels, pour lesquel il est impossible de se déterminer. Sont-ils bons, fous, exécrables ? Il est rare d'arriver à avoir de l'empathie pour un criminel mais bon, c'est la magie des histoires, nous faire tourner en bourrique. Pas vrai ?

Le jeu tient une place particulière dans cette histoire, son rapport avec le temps imparti, l'idée que tout est possible, qu'on peut s'extraire de la réalité, et du lien qu'il crée entre les joueurs, jusqu'à l'addiction pour lui. En partageant un univers, des règles, les gens se sentent de facto proches, ils ont les mêmes envies. Pour aller plus loin, le jeu devient un levier pour recruter, rassembler des personnes.

Enfin, la question la plus désespérante de cet ouvrage est la suivante : Pourquoi profiter avec avidité des ressources naturelles, sans avoir besoin d'une telle quantité et sans se préoccuper de les tarir ? Juste pour l'argent, le pouvoir, la sensation d'exister ?

Voir les commentaires

Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature chinoise

Repost0

Publié le 13 Janvier 2019

Ce roman est rythmé par des phrases courtes, des enchainements inattendus, des mélanges surprenants. Il s'en dégage beaucoup de poésie, des évocations, de très beaux paysages, des figures de femmes très touchantes.

Les pauvres gens ont parfois des vies absurdes. C'est un constat désespérant qui, malheureusement, se répète.

Voir les commentaires

Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 13 Janvier 2019

Géniale histoire dont l'héroïne est une fille alcoolique qui doute terriblement d'elle. C'est parfait, bien construit, juste, ambigü. Petit conseil : avoir du temps devant soi pour lire la fin d'un coup.

Voir les commentaires

Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature britannique

Repost0

Publié le 8 Janvier 2019

Voici le grand roman dont rêve tout lecteur … L'histoire se déroule en Indonésie, sur l'île de Java, à la fin du 19ème siècle. Le héros n'a pas de nom officiel, il n'est rien dans cette société des Indes Néerlandaises, il est un indigène. Il a la chance d'étudier dans un lycée réservé aux néerlandais et aux métis. Comment se fait-il qu'il puisse y suivre des cours ? Mystère. Il y a nombre d'interrogations et certaines réponses arrivent bien plus tard dans le récit. Nous sommes constamment tenus en haleine.

Le décor est magique, imagé, c'est rare de se sentir à ce point plongé dans un univers.

Le jeune héros a le cœur pur, et est assez intelligent pour ne pas juger. Son ami français, Jean Marais, réalise les commandes en bois pour des clients dénichés par le jeune homme, pour gagner un peu d'argent. Un garçon du lycée le conduit dans une riche demeure pour y manger du veau … Oui, c'est étrange mais pas autant que pour le jeune garçon qui vit cette expérience avec avidité. Et là débute l'enchantement du récit, les personnages de cette maison intriguent, ont des comportements inexplicables. Tout s'enchaine et le garçon se trouve empêtré malgré lui dans des aventures qui le dépassent. Les histoires se mêlent les unes aux autres.

A la toute fin du livre, il est précisé que Toer a raconté de 1973 à 1975 cette histoire, à ses amis de détention dans la prison de Buru. Cela donne une dimension supplémentaire à ce roman impressionnant. En effet, l'auteur a passé une grande partie de sa vie en prison, à différentes reprises, considéré par les dirigeants de son pays comme une personnalité gênante. Cela alla jusqu'à empêcher cet auteur de recevoir le prix Nobel de Littérature. Cette histoire nous est parvenue très récemment. Elle a tout d'abord été traduite de l'anglais, d'après une traduction de l'indonésien vers l'anglais. La dernière édition date de 2017 pour une nouvelle traduction de l'indonésien vers le français.

Voir les commentaires

Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature indonésienne

Repost0

Publié le 6 Janvier 2019

Les livres sont comme les gens, difficile parfois de dire ce qui nous plait en eux, ce ne sont que des impressions, des sentiments. 

La révélation de l’année est « Lemonde des hommes» de Pramoedya Ananta Toer. Tout juste terminé, je me réjouis d'avance de continuer les trois prochains tomes. Le commentaire du premier va bientôt être publié sur ce blog.

Ce livre allie tout ce que j’aime en littérature : une vraie histoire qui me déconnecte complètement de mon univers, tout en me touchant au plus profond, universelle.

La deuxième révélation a été « Les cavaliers » de Joseph Kessel, un grand livre, qui allie aussi tout ce qui est nécessaire au bonheur du lecteur. J'ai prévu de lire ses articles de journaliste. Kessel a rejoint Camus dans mon panthéon des merveilleux écrivains, ils étaient tous deux journalistes, sensibles à la vie.

Les livres qui m’ont beaucoup fait réfléchir sont : «La trilogie berlinoise» de Philip Kerr et « Le dernier des Camondo » de Pierre Assouline. Ces deux ouvrages ont en commun l'histoire de la seconde guerre mondiale, si lointaine dans nos mémoires et si proche de nous pourtant. Car nous n'avons pas changé, l'arbitraire potentiel est toujours latent dans nos sociétés évoluées ...

« Une vie en mouvement » de Misty Copeland, première ballerine noire à être danseuse étoile à l’American Ballet Théâtre, m'a beaucoup touchée. Son récit est à son image, plein de grâce et d’intelligence. Ce livre est à mettre obligatoirement entre toutes les mains, son courage est exemplaire.

Un bon livre de détente, plein de surprises, a été « Les disparus du phare » de Peter May. 

«  My absolute darling » de Gabriel Tallent est le livre qui m'a vraiment déplu, trop violent, sans intérêt.

L'année 2019 ne pourra qu'être meilleure. J'ai reçu « Desproges par Desproges », recueil inépuisable de dérision adorable.

 

Je vais essayer pour ma part d'oublier les affreux couples dans mes petites nouvelles pour plus de légèreté, ce qui est moins facile pour l'inspiration … Challenge !

Voir les commentaires

Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Eclat de voix

Repost0

Publié le 2 Janvier 2019

Cette adaptation sous forme de manga du livre « Dix nuits dix rêves » de Natsume Sôseki désoriente le lecteur, à l'instar des rêves. Plus de notion de temps - un sculpteur du temps passé est admiré pendant son travail par des contemporains de Sôseki - ni de notion d'espace - un homme tombe d'une falaise mais n'atteint jamais le sol.

De très beaux dessins illustrent avec grâce ce qui peut sembler impossible à représenter.

Les rêves sont très courts, sans doute la durée de son souvenir. Est-ce que l'auteur a écrit ces rêves dans un but précis ? Pour une interprétation particulière ? Pourquoi avoir choisi ceux-ci ?

Il y a l'enfant, la femme mystérieuse, l'adulte qui cache des secrets qui ne sont jamais dévoilés, autant de figures qui laissent l'imagination vagabonder. Ces pages aiguisent notre propre perception puis nos propres rêveries. Les reprendre comme un jeu pour observer dans quelle direction elles peuvent nous conduire.

Le dessin épuré d'un Japon désuet permet à l'esprit de se laisser guider doucement.

Voir les commentaires

Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Repost0