Publié le 19 Décembre 2019

Toujours très intéressante, drôle, animée, cette longue marche se déroule cette fois à travers la Chine. C'est un excellent livre sur la vie. J'aime décidément beaucoup la personnalité de Bernard Ollivier et son plaisir à raconter.

La dernière partie de la marche est laborieuse pour notre marcheur courageux et déterminé … sans pour autant que ce soit laborieux à lire !

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 13 Décembre 2019

La grande passion dans la vie de Pline fut l'écriture, qu'il mit au service de ses discours d'homme politique, d'avocat ou encore d'amoureux de la poésie. Il échangeait toutes ses idées avec ses contemporains du début du premier siècle dans l'empire romain à travers de nombreuses lettres, où là encore le plaisir d'écrire s'exprime, et dont le sujet principal est … l'écriture.

Il faut copier, traduire du grec au latin puis du latin au grec, réécrire … pour éprouver, exercer son esprit. Mais cela ne suffit pas car il faut aussi de l'imagination, de l'audace, du courage, de l'endurance … Pline le jeune exhorte ses amis à varier leur écriture … jusqu'à écrire en vers. La belle question de l'écriture est abordée de toutes façons, au sens propre.

Les dernières lettres présentées dans cet ouvrage sont adressées à Tacite, elles relatent une explosion du Vésuve avec une réalité impressionnante, alors qu'il n'avait que dix-sept ans au moment des faits.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Philosophie

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Publié le 11 Décembre 2019

Voici le récit fleuve de la vie de Moura. Comment la présenter ? Elle fut la maitresse de Gorki et de Wells, et de quelques autres encore. Elle est née à la fin du 19 ème siècle en Ukraine, a vécu en Russie, en Estonie, puis en Italie et en Angleterre. Elle aura vécu de très près la révolution russe. 

Moura était une femme exceptionnelle au sens propre du terme, éprise de liberté et courageuse. Elle a mené une vie d'aventurière, traductrice et éditrice, ayant différents amants en même temps et sans s'en cacher. Elle a confié le soin de l'éducation de ses enfants à la nurse anglaise qui l'avait élevée, sans beaucoup s'en préoccuper. Elle avait la passion de la littérature. Elle a collaboré au journal La France Libre avec Raymond Aron et a permis la publication du premier roman de Romain Gary en Angleterre, avant son édition française...

Ce livre s'appuie sur de nombreux travaux de recherche et est un très bon moyen de découvrir ou redécouvrir la Russie avant et après sa révolution, de l'intérieur, avec ces revirements, ces violences faites aux russes. Moura supporte tout, a un caractère exemplaire et comme toute personne en marge, a fait l'objet de nombreuses contreverses. Elle n'acceptait pas la facilité car Wells l'a demandée plusieurs fois en mariage, qu'elle a refusé. Difficile pour ses proches de savoir ce qu'elle pense ou elle ressent, c'est une femme d'action tenant en priorité à sa liberté. Elle aurait pu sortir brisée de ses séjours en captivité, mais elle en revient plus déterminée. D'où lui vient toute cette force ? Elle a des atouts : l'intelligence, le charme, un appétit de vie énorme. Elle ne se vante de rien, ne profite pas de ses relations. La liberté avant tout.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 10 Décembre 2019

Après en avoir entendu un extrait à la radio, j'ai eu envie de découvrir ce livre, écrit en trois parties : Sorella, Italia et Vapore. Sorella est le récit à haute voix d'une bonne sœur ; elle n'aime rien, pas même Dieu. Cette nonne est en confrontation feutrée avec la mère supérieure, qui lui impose de s'occuper de tout petits enfants. Sorella les déteste et les maltraite en quelque sorte, sauf un, Lucas, qui aurait été adopté. Impossible de terminer cette première partie, trop dérangeante de cruauté, avec une héroïne incohérente.

Pourtant l'écriture est exceptionnelle, si touchante qu'elle accentue le malaise de l'histoire. La narration continue, sans chapitres, provoque une sorte d'apnée.

Italia est le prénom d'une femme qui a grandit dans un institut à Rome pour orphelins. Elle est préparée à une vie de labeur au sein d'une famille qui lui est désignée à ses vingt ans. Elle n'aura pas de vie à elle. Italia scrute les moindre faits et gestes des membres de la famille, elle est parfois semblable à un robot, sans affect, tout à son dévouement à cette famille pour qui elle ne représente rien. Des occasions, rares, se présentent pour qu'elle s'en échappe. Mais elle n'en fait rien. La famille se délite peu à peu, c'est vraiment désespérant. Elle décrit toutes les étapes de déchéance pour chacun, sans pathos.

J'étais impatiente d'en finir alors que je restais subjuguée par le style, la sensibilité extrême des phrases.

Vapore commence plus légèrement, comme un conte : une femme âgée se fait conduire à sa maison de campagne mise en vente. Le jeune vendeur lui fait raconter ses souvenirs en attendant la visite. Elle se laisse faire volontiers. Il vient la chercher tous les jours, qu'il y ait ou non une visite. Les confidences sont de plus en plus douloureuses. Vapore est le nom de son mari disparu, magicien errant, difficile à vivre au quotidien. J'ai avalé la fin, écrasée par ce récit. Quel dommage de mettre tout ce talent d'écriture au service de la noirceur la plus banale, celle qui touche le plus sûrement. Je suis sortie de cette lecture très profondément déprimée. Raymond Carver a écrit aussi des histoires tristes avec beaucoup de talent, sans jamais m'affecter à ce point.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature italienne

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Publié le 5 Décembre 2019

Ces quatre nouvelles se passent au Vietnâm entre le 19 ème et le 20 ème siècle. L'une d'entre elles se déroule sur cinq générations. Toutes les histoires, très succintes, sont relatives à l'argent. Il y a de la cruauté, des croyances. Les femmes sont malmenées et si elles ont à peine de l'importance, elles sont alors peu sympathiques. Je n'ai pas été marquée par ce livre trop rapide car je n'y ai pas trouvé d'humanité et encore moins de crédibilité même si cela se lit bien sur le moment.

Pudeur de l'auteur ? Décalage de civilisation ? Problème de traduction ?

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature vietnamienne

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Publié le 27 Novembre 2019

Ma chérie est le surnom de Gloria Mercy Hope Merriman, une jeune femme de trente ans. Celle-ci quitte du jour au lendemain sa vie « rêvée », avec des fêtes somptueuses, une villa avec piscine et des vêtements de luxe. Elle doit partir de Miami où son amant durant dix ans vient d'être emprisonné. Elle revient en bus chez ses parents , ils vivent dans une petite bourgade perdue dans les bois, loin de tout. Elle y retrouve tout ce qu'elle avait fuit, contrainte par sa grossesse d'avoir un foyer en attendant de trouver du travail. Dans le bus, elle rencontre Marcus. Il est noir, elle est blanche. Nous sommes en 1963 aux Etats-Unis. Elle va rebondir avec grâce, sans renoncer à qui elle est au fond.

C'est un livre très agréable à lire, qui rappelle la condition des noirs, d'où ils viennent. La personnalité de l'héroïne apporte beaucoup au récit, une femme ouverte, attachante et fidèle à elle-même.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 24 Novembre 2019

Par un concours de nombreuses circonstances, deux jeunes sœurs, à l'aube de leurs existences, vivent isolées de tout dans la forêt.

L'une danse, l'autre étudie.

Il n'y a plus rien, ni électricité, ni téléphone, ni essence. Les vivres sont réduits aux conserves familiales, aux courses faites avec le dernier plein de carburant et aux ressources du potager. L'eau de la rivière est consommable et le bois est en quantité illimitée pour chauffer la maison, cuire les aliments.

Nell raconte toutes les étapes, la mort de la mère, puis peu après celle du père, leurs ambitions, leurs rencontres, leur enfance, comment tout s'est dégradé peu à peu, les coupures répétées de courant et de téléphone, la fébrilité à chercher les dernières allumettes dans la maison … L'apprentissage de l'économie jusqu'à l'apprentissage de l'autonomie.

Elle est résignée, attentive à limiter au mieux les désagréments éventuels. Elle n'est pas triste car, comme sa sœur Eva, elle a ses propres ressources. Elle se sent libre, et en même temps sa crainte de manquer d'aliments prend souvent le dessus. Les deux filles sont armées physiquement, intellectuellement et moralement pour faire face. La maison et le potager sont préparés à toute éventualité.

Tout est décrit avec minutie pour apporter de la véracité à cette dystopie. Les explications arrivent avec lenteur pour mieux captiver le lecteur. Le malaise grandit au fil des pages, épreuves après épreuves. 

Jean Hegland va au plus profond des personnages, leurs situations les emmène aux confins de l'humanité qui se perd un peu, les repères deviennent flous. Les descriptions de la nature pourrait être celles de Barbara Kingsolver, précises, intéressantes, belles. 

Ce livre bouscule le lecteur sur la question de l'après, quand il n'y aura plus d'essence, d'électricité, de technologies. 

En même temps, le propos est fort, il donne de l'espoir et de l'énergie, il magnifie la résistance à l'adversité. 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 20 Novembre 2019

Bébé Donge, alias madame Donge, a tenté d'empoisonner son mari. Celui-ci s'en sort miraculeusement. Elle admet sans discussion sa tentative de meurtre, elle ne s'explique pas son geste, pourtant prémédité.

Le mari est dans un premier temps anéanti, mais il ne ressent aucune colère. Voilà deux personnages dont l'attitude est bien mystérieuse. L'auteur fait de magnifiques allers - retours équivoques pour relater cette fameuse affaire. Il conduit ce court roman magistralement. En quelques phrases, une nouvelle énigme émerge, les questions fusent : pourquoi est-il là? Pourquoi y retourne-t-il ? Pourquoi est-il pressé ?

J'ai été impressionnée par la qualité de cette écriture belle et désuette, qui m'évoque celle d'un Maupassant « moderne » de 1942, avec les expressions de l'époque. Pourquoi m'a-t-il été présenté comme un auteur mineur ? Parce qu'il écrivait des romans policiers ? Parce qu'il en écrivait tant que ses romans ne pouvaient être bons ? Ou parce qu'il a travaillé pendant la seconde guerre mondiale ?

L'acteur Bruno Solo, invité récemment à une émission de radio, avait fait de cette histoire une présentation si enthousiaste que je me suis précipitée pour la lire. Merci à lui.

Simenon est un écrivain génial, à continuer de découvrir, sans aucun risque d'ennui.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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Publié le 15 Novembre 2019

Anne Nivat, journaliste spécialiste de la Russie depuis de nombreuses années, nous présente différents lieux de ce vaste pays, avec pour point de départ Vladivostock et arrivée à Moscou. Nous sommes au cœur de la vie des gens, elle en connait certains depuis longtemps. L'auteure les présente rapidement, souvent avec humour, ce qui rend la lecture déjà fluide, très agréable. 

Le moment est spécial, nous sommes à la veille des prochaines élections présidentielles de 2018, élections pour lesquelles le président Poutine se présente.

Anne Nivat est non seulement très sympathique, je peux le dire car je l'ai croisée au Salon du Livre de Paris, mais également très compétente sur le sujet de la Russie. Elle a vécu, entre autres, la guerre de Tchétchénie sur le terrain, et possède une isba au sud de Moscou. Elle connait donc aussi bien l'histoire, ses blessures, que les aspects pratiques de la vie dans une petite ville.

Ce qui ressort de ce livre est très simple : les russes veulent la paix avant tout. Ils sont fatalistes. Certains d'entre ceux interrogés dans ce livre ont tout perdu mais ils gardent leur bonne humeur, voire leur humour. C'est un peuple qui a souffert énormément de la seconde guerre mondiale, du stalinisme, puis de la chute de l'URSS. Ils ont connu la faim et ne veulent pas retrouver le désordre.

Les portraits sont très attachants. Je me demande ce que cela donnerait si Anne Nivat faisait le même type de reportage, mais cette fois en France ...

 

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Document

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Publié le 11 Novembre 2019

Violette a seize ans lorsque les hommes de son village, dont son père et son fiancé, sont enrôlés de force pour ne plus jamais revenir. Nous sommes en Provence, en 1851, dans la montagne de Lure. Un soulèvement républicain vient de se produire.

Ce témoignage magnifiquement écrit raconte l'absence des hommes du village de l'homme et le manque qui va avec, un manque qui se produira une autre fois encore pour les habitants. C'est un rappel de l'histoire de ce village que la toute jeune république veut mater comme tant d'autres. Ce manuscrit a traversé le temps pour parvenir dans les années 1960 à une femme. Le récit se trouvait chez un notaire et devait être transmis à une femme entre vingt-cinq et trente ans.

Ce tout petit livre est rare et sans pudeur.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature française

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