Publié le 27 Septembre 2019

Ce livre est comme un bon ami impossible à quitter, il ne me reste plus qu'à lire d'autres récits de monsieur Tesson pour que le charme continue.
Sylvain Tesson raconte au jour le jour les six mois passés dans une cabane au bord du lac Baïkal. Nous suivons ses états d'âme, au sens propre, ses périgrinations dans la montagne, sur le lac. Les dangers et les plaisirs sont nombreux, ils évoluent doublement : au fil du temps passé seul et au fil des saisons. Il ne s'embarrasse de rien, même dans le ton de son récit, au style pur et efficace.
C'est un éloge du silence, bien si précieux à mes oreilles, de la solitude et du froid … « états qui se négocieront demain plus chers que de l'or ».
De nombreuses citations augmentent le plaisir intense de cette lecture, comme celle de Baden Powell : « Lorsqu'on quitte un lieu de bivouac, prendre soin de laisser deux choses. Premièrement : rien. Deuxièment : ses remerciements ». Que c'est drôle !
Aucun ennui possible, tout est enchantement : regarder par la fenêtre les flocons de neige ou voir surgir des voisins pêcheurs qui fracassent la porte pour entrer.
Sylvain Tesson est persuadé qu'il faut sortir de sa zone de confort pour profiter de la vie. Et il s'y entend bien.
C'est un texte jubilatoire et frais, au sens où il se fiche vraiment de ce qu'on peut penser de ses pensées. Il ne se gêne pas pour énumérer ses grands moments de délectation à fumer un gros cigare ou s'enivrer avec ses copains russes.
C'est touchant, vivant, érudit, tout en même temps.








