litterature italienne

Publié le 24 Novembre 2020

Heureusement, il est rare d'avoir à faire à un si mauvais livre, consistant en une broderie infinie sur une histoire insignifiante. C'est incroyable que cela puisse être édité.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature italienne

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Publié le 7 Octobre 2020

Ce minuscule fascicule reprend un discours du célèbre auteur italien à l'université de Columbia en 1995. Il y a donc vingt-cinq ans. Ce qui est le plus frappant est qu'il a su voir dès cette époque l'aspect amplificateur des réseaux sociaux pour la désinformation et l'enfermement intellectuel.

Après un début pour moi laborieux à lire, le discours est pratique, il détaille en quatorze points précis ce qui distingue le fascisme. Par exemple, le machisme, le besoin de tradition, le refus d'évolution du savoir, l'utilisation d'une nov-langue, etc …

Eco ajoute des souvenirs personnels fort intéressants, à vous de les découvrir.

Edifiant et instructif, Eco fait écho à notre époque.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature italienne

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Publié le 13 Mai 2020

Un homme nous raconte sa passion passée pour la jeune Micol Finzi-Contini, à l'aube de la seconde guerre mondiale à Ferrare, en Italie.

Tout jeune, il était fasciné par une famille, les Finzi-Contini, et plus particulièrement par ses enfants, Alberto et Micol. Ils ne vont pas à l'école, ils ont des précepteurs. Leur résidence est une maison aux allures de manoir gothique dans une immense propriété ceinte de hauts murs, au sein de Ferrare. Les occasions de les voir sont rares, conduits une fois l'an dans de somptueux équipages pour se rendre aux examens scolaires, ou alors à la synagogue, pour des fêtes particulières.

En 1938, les discriminations se précisent pour les juifs. Micol téléphone au garçon pour l'inviter à jouer au tennis dans leur parc, alors qu'en réalité ils ne se connaissent quasiment pas. Là commence la vraie vie pour lui, toutes ses après-midi sont consacrées à ces visites puis des invitations à dîner, la mise à disposition de la bibliothèque puisqu'il ne peut plus se rendre à celle de la ville. Il ressent très fortement la différence de niveau social, mais qu'importe. Malgré les difficultés grandissantes liées à l'antisémitisme, ils parviennent à terminer leurs doctorats, sauf Alberto, peu à peu apathique.

Les juifs subissent une sorte de confinement social, sans bruit, et définitif. Ils ne ressentent pas de colère, ils s'adaptent au fur et à mesure. Ils agissent comme si le temps leur appartenait encore, et restent au plus près de la vie d'avant.

De la même façon, le jeune héros tait ses questions et ses étonnements avec la fille pour profiter des occasions qui se présentent. Son rêve de la fréquenter devient réalité, sans deviner qu'elle le cotoie peut-être par désœuvrement, et qu'en d'autres circonstances, elle ne lui aurait jamais adressé la parole.

Bassani nous entraine dans des virées noctures à vélo, dans des discussions interminables dignes de jeunes gens qui se cherchent. Une douceur se dégage de l'ensemble, la vie continue coûte que coûte, pour rester digne, c'est magnifique.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature italienne

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Publié le 10 Décembre 2019

Après en avoir entendu un extrait à la radio, j'ai eu envie de découvrir ce livre, écrit en trois parties : Sorella, Italia et Vapore. Sorella est le récit à haute voix d'une bonne sœur ; elle n'aime rien, pas même Dieu. Cette nonne est en confrontation feutrée avec la mère supérieure, qui lui impose de s'occuper de tout petits enfants. Sorella les déteste et les maltraite en quelque sorte, sauf un, Lucas, qui aurait été adopté. Impossible de terminer cette première partie, trop dérangeante de cruauté, avec une héroïne incohérente.

Pourtant l'écriture est exceptionnelle, si touchante qu'elle accentue le malaise de l'histoire. La narration continue, sans chapitres, provoque une sorte d'apnée.

Italia est le prénom d'une femme qui a grandit dans un institut à Rome pour orphelins. Elle est préparée à une vie de labeur au sein d'une famille qui lui est désignée à ses vingt ans. Elle n'aura pas de vie à elle. Italia scrute les moindre faits et gestes des membres de la famille, elle est parfois semblable à un robot, sans affect, tout à son dévouement à cette famille pour qui elle ne représente rien. Des occasions, rares, se présentent pour qu'elle s'en échappe. Mais elle n'en fait rien. La famille se délite peu à peu, c'est vraiment désespérant. Elle décrit toutes les étapes de déchéance pour chacun, sans pathos.

J'étais impatiente d'en finir alors que je restais subjuguée par le style, la sensibilité extrême des phrases.

Vapore commence plus légèrement, comme un conte : une femme âgée se fait conduire à sa maison de campagne mise en vente. Le jeune vendeur lui fait raconter ses souvenirs en attendant la visite. Elle se laisse faire volontiers. Il vient la chercher tous les jours, qu'il y ait ou non une visite. Les confidences sont de plus en plus douloureuses. Vapore est le nom de son mari disparu, magicien errant, difficile à vivre au quotidien. J'ai avalé la fin, écrasée par ce récit. Quel dommage de mettre tout ce talent d'écriture au service de la noirceur la plus banale, celle qui touche le plus sûrement. Je suis sortie de cette lecture très profondément déprimée. Raymond Carver a écrit aussi des histoires tristes avec beaucoup de talent, sans jamais m'affecter à ce point.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 25 Septembre 2019

Nicolas est un bel adolescent, il grandit dans une cité napolitaine avec son petit frère et ses parents. Il a une petite amie et des copains. Cela ne lui suffit pas. Il aime la violence, observer son effet sur les autres, commander et gagner de l'argent pour être puissant. Il apprend en assistant aux procès des mafieux locaux et en visionnant en boucle des films sur la mafia.

Cette petite frappe est sans limites, jouant sans cesse avec sa vie et celle de ses associés mais la rage de gagner lui apporte l'énergie nécessaire pour accepter sa peur et progresser dans cette société parallèle. Il est pressé de réussir, son immense détermination écrase toute velleité de discussion.

Ce roman glaçant peut se révéler dur à lire car les dialogues sont parfois étranges. Des stratégies tordues sont mises en œuvre pour réitérer des allégeances. Ce monde obscur est mis en lumière par Saviano avec beaucoup d'efficacité. Et pourtant, je n'ai pas eu de plaisir à lire ce roman, sachant qu'un article à ce sujet m'aurait amplement suffit, car la violence est dure à lire, surtout quand elle est perpétrée par des enfants sans histoire.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 8 Avril 2019

Qu'est-ce qui fait un bon livre ? Un héros rare, c'est à dire avec une personnalité exceptionnelle, un parcours de vie incroyable. Il s'appelle Jay Dark.

Le narrateur de « L'agent du chaos » a écrit un roman qui raconte la vie de Jay Dark. Mais cette histoire est fausse et incomplète. C'est tout du moins ce que pense un avocat américain, Flint, qui prend contact avec lui. Il a connu Jay Dark et veut rétablir la vérité.

Le livre est basé sur ces rencontres entre l'écrivain et l'avocat, et les tranches de vie palpitantes de Jay Dark. Tout pourrait sembler exagéré, mais Flint sait convaincre de la véracité des évènements les plus invraisemblables. Tous les ingrédients sont présents : les frasques de la jeune fille riche, l'ancien nazi amoureux de sa chèvre, l'expansion du LSD pour détruire les vélléités de liberté, les palestiniens corrompus, le mouvement hippie … Et c'est génial ! Impossible de s'endormir, les rebondissements sont improbables.

En définitive, où est la vérité ? Comment la vérifier ? Sur internet ? Ce que fait au départ l'écrivain (et que j'étais tentée de faire aussi). Quelle qualité faut-il posséder pour la déceler ?

Et plus loin, une fake news serait intéressante pour ce qu'elle révèle de nous ? De ce qui nous intéresse ? Ne faudrait-il pas s'intéresser à celui qui la dit ? A ses intentions ? Et pourquoi ne pas se mettre à la place de l'auteur, à se détacher de ce que l'on est, de ce que l'on sait, de ses préjugés, de ses attentes, de ses carcans, pour être plus disposé encore à accueillir les faits. Pourquoi ne pas aller jusqu'à prendre de la drogue pour y parvenir ?

L'écrivain s'interroge au fur et à mesure des révélations de Flint. Il est victime de son envie de vérité. Tout comme lui, le lecteur essaie de faire le tri. Puis cela n'a plus d'importance, il faut se laisser faire.

En tous cas, c'est un roman, un vrai, j'en suis bien sûre, et un sacrément bon.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 25 Janvier 2019

Deux fillettes se disputent, elles grandissent. Elles se défient et se retrouvent dans des situations périlleuses.

Malheureusement, le récit ne laisse aucun souvenir.

Seule l'échappée vers la ville me revient, il fait chaud, elles ont peur mais se poussent à continuer. A un moment, le retour est devenu vraiment compliqué.

Le pire pour un roman est peut-être d'être oublié aussitôt. C'est ce qui s'est produit avec celui-là.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 30 Juillet 2018

Ce livre est à lire en été. La température des hauts fourneaux, la plage en plein midi, la tension des situations donnent très chaud.

L'histoire est terrible et magnifique en même temps, à l'image du décor comme cette « plage » entre deux bâtiments industriels, envahie par les chats errants, avec toute la pollution possible.

Le récit raconte la relation entre deux filles de ces cités abandonnées de tout espoir, très belle, très forte, dans une cité industrielle toscane, dans les années 90.

 

Elles sont pleines d'énergie, rayonnantes de leur amitié. Cette amitié est suffisante pour surmonter toute la violence autour d'elles, la laideur du lieu. Celle-ci est accentuée par le contraste avec l'île d'Elbe fréquentée par les touristes, de l'autre côté de la mer. Elles l'observent sans cesse, comme une promesse qu'un ailleurs est possible.

Ce lieu inaccessible fait partie du décor comme les cours de béton, les barres d'immeubles.

L'auteur répète à plusieurs reprises de petits faits insignifiants pour marquer un peu plus la désolation. Par exemple, il y a cette petite fille qui fait pipi sur les marches de l'escalier de leur immeuble. Ce fait est présenté comme anodin … et le fait que ce soit présenté comme anodin ajoute à la misère déjà grande.

Et pourtant, il va se passer quelque chose de beau dans ce décor sale et désoeuvré. Rien n'est noir, malgré tout. Il n'y a pas d'apitoiement car les personnages ne se l'autorisent jamais. Seulement de la dureté, comme l'acier. Tout est visuel, sensoriel.

Le tour de force de ce livre est de donner réellement envie au lecteur de se rendre dans cet endroit perdu, grâce à des descriptions fascinantes.

La morale est la suivante : tout est possible, l'amour et le beau, surtout. Un grand coup au cœur.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 8 Février 2018

C'est un petit livre inégal, il y a de magnifiques descriptions de la Sardaigne où on a envie de se précipiter et une caricature dérangeante d'une femme dérangée à laquelle je n'arrive pas à croire.

Ce personnage n'a pas d'emprise sur moi, et encore moins l'héroïne qui conte l'histoire.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 2 Novembre 2017

Le journaliste Roberto Saviano décrit minutieusement toutes les facettes et ramifications de la Gomorra, le lien de celle-ci avec la mafia chinoise, comment doubler sa retraite, le fonctionnement des marchés textiles, ...

Tout est très inquiétant, une fuite, une échappée vers la mort inéluctable, les proportions sont gigantesques. Le livre se termine sur le traitement des déchets, sujet toujours d'actualité, car il l'a étudié il y a bientôt dix ans maintenant. C'est très très dur. On ne voit pas comment en finir.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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