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Publié le 11 Mars 2021

Les Allemands ont envahi la France en 1940. Maintenant, imaginez un peu la suite. Ils ont exproprié les gens, pris leurs ressources, affamé les Français. Ceux-ci n'ont eu comme seule espérance de survie que d'émigrer en Allemagne. Là, ils ne sont pas considérés comme des Allemands, ils vivent dans des bidonvilles à l'écart. Toutes les générations d'Allemands les harcèlent, dès le plus jeune âge. Ils doivent germaniser leurs noms et prénoms. Etant donné que les Français sont bagarreurs et paresseux, ils ne sont pas embauchés par les entreprises locales.

Voilà ce qui s'est passé avec les Coréens un peu avant la seconde guerre mondiale. Entre temps, les puissants de ce monde se sont partagés leur nation. Et l'ostracisation continue. Les enfants nés ensuite sur le sol japonais n'ont pas droit à la nationalité japonaise. Ils doivent dès l'âge de quatorze ans demander un visa, à renouveler tous les trois ans. Dissuasif. Et les enfants de ces enfants doivent faire de même. Alors que faire ? Résister encore et encore ? Travailler plus qu'un Japonais ? Se faire passer pour un Japonais ? Renoncer à son identité coréenne ?

Les Coréens ont ouvert des salles de Pachinko où ces machines de Pachinko ravissent les Japonais joueurs. Ils s'agit de sorte de flippers qui permettent de gagner le gros lot. Ces salles sont plus ou moins liées à la mafia et ont très mauvaise réputation.

Pachinko est un roman riche de toute cette histoire, raconté merveilleusement bien, beaucoup d'images, d'évènements surprenants. Une fois encore, la fiction fait son œuvre, le lecteur, attaché aux personnages, souffre avec eux des affres de ces règles odieuses.

La difficulté de vivre dans ces conditions pousse certains au mensonge, en faisant croire qu'ils sont japonais. Ils doivent se couper de leur famille et craindre tout au long de leur vie d'être découverts. Les familles aisées japonaises font de nos jours des recherches sur les conjoints potentiels de leurs enfants afin de vérifier qu'ils n'ont pas d'origine étrangère ou Burakumin, c'est à dire de classe inférieure.

Comment ces « Coréens », qui sont nés et ont toujours vécu au Japon, ressentent-ils la situation actuelle ? Ont-ils envie d'aller en Corée ? En tous cas, quelle histoire !

 

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 26 Février 2021

Gifty, une jeune californienne, consacre toute ses journées à la recherche sur la dépendance aux opioïdes. Elle n'a pas d'amoureux-se, très peu d'amies, une mère qui habite loin, en Alabama. Or cette mère lui est adressée par le pasteur car elle est en profonde dépression. Elle se retrouve ainsi à avoir la charge de cette femme qui ne se lève pas de son lit, refuse de manger et ne parle plus.

Gifty est obligée de faire face, et tous les souvenirs enfouis refont surface. La mère pensait offrir un bel avenir à son fils, ce fils a disparu tragiquement, le père a préféré la culture ghanéenne à l'américaine. Gifty – un cadeau ? - sait qu'elle n'avait pas été désirée, sa mère le lui a dit bien souvent.

Toutes ces douleurs sont évoquées en douceur, par petites touches délicates, sur fond d'église omni-présente, de déracinement culturel et de racisme ordinaire.

Yaa Gyasi dévoile peu à peu la façon dont les malheurs sont arrivés, avec des chapitres courts, pour laisser souffler son lecteur reconnaissant. La narration est délicate, rythmée, parfaite.

Le sujet central de ce magnifique roman est la perte, comment l'accepter ? Comment se reconstruire après ?

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 19 Février 2021

Dans un premier temps, qui ne dure heureusement pas, la lecture de ce roman est gâchée par une traduction calamiteuse, des fautes d'expression surgissent inopinément.

Puis assez vite, cette excellente histoire, aux ressorts si justes, a pris le dessus.

Ce besoin de réussir sa vie, ce besoin de quantifier la réussite sur les critères matériels est si bien décrit.

Les revers de situation sont bien vus aussi et, cerise sur le gâteau, il y a une bonne dose d'humour. Un régal.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 9 Février 2021

Tom Wolfe raconte avec beaucoup d'humour, très grinçant, la vie de personnages très intéressants. Le sujet central est la ville d'Atlanta aux Etats-Unis. Voici un livre très agréable à lire et amusant, trop rare, plein d'idées.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 6 Janvier 2021

Au début du siècle dernier, beaucoup de gens au Japon n'avaient pas de quoi se nourrir. Au point que des femmes japonaises ont préféré tenté leur chance en traversant l'océan Pacifique pour rejoindre en Amérique un conjoint prévu à l'avance.

Et certaines n'avaient jamais vu la mer. Voilà l'histoire de ces femmes désespérées. Quel fut le discours pour les rassurer ? Qui a fait l'intermédiaire ?

Malheureusement, le style n'est pas assez écrit, il s'agit plus d'un catalogue égrené. Ce sujet méritait mieux.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 9 Décembre 2020

Un paumé - qui ne l'est pas tant que ça - s'adresse à une famille de paumés pour l'aider dans sa cavale. Il se révèle sensible, intelligent.

Le héros – le fils de la famille - le prend pour un manipulateur …. comme le lecteur. En réalité, il est lui-même manipulé par une jeune fille bien dérangée qui ne veut que du malheur autour d'elle. Tout est bien amené, y compris la fin.

C'est une plongée réussie dans un univers très sensoriel : la chaleur de l'été, les couleurs.

A lire l'hiver !!!

Joyce Maynard sait entrainer le lecteur où elle le veut, à un bon rythme, l'ennui est impossible.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 18 Novembre 2020

Il s'agit d'une drôle d'histoire merveilleusement écrite par Bashevis Singer, prix nobel de littérature : un homme polonais au 19 ème siècle est au tournant de sa vie. Il mène plusieurs projets, guidé par ses envies. Il ne sait pas choisir et encore moins renoncer lorsqu'il s'agit d'une femme. Il est érudit mais comprend à quel point il est tributaire de son origine, de son désir de gloire, et de son besoin de se conformer aux règles. Lors d'une nuit de « folie » où il ne pourra plus s'en sortir « comme par magie », tout va se détraquer et être détruit à jamais, à commencer par sa propre fantaisie qu'il ne saura plus exercer.

L'écriture exceptionnelle rend compte des sentiments et des situations avec force et justesse.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 26 Octobre 2020

Très bien écrit. Terrible thème du pouvoir de l'argent.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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Publié le 13 Octobre 2020

L'idée de ce roman est de revenir à la maison, oui mais quelle maison ? Question difficile lorsqu'on a été maltraité par la vie d'abord parce qu'on est noir, puis ensuite par la famille d'une pauvreté absolue.

Ce livre aborde aussi l'histoire de ces noirs qui se sont battus en Corée pour leur Nation, au nom des droits. Ils reviennent et sont maltraités par cette Nation qui a ôté la vie de leurs copains, les seules personnes sur qui ils pouvaient vraiment compter.

C'est court, dense, efficace.

Rien n'est superflu. Tout est concentré sur la douleur, sur ce que les noirs ont dû subir : déplacements de populations avec la perte de la maison, du jardin potager, les arrestations, la difficulté à trouver du travail, l'impossibilité de s'installer à son compte et enfin ces combats organisés où le père et le fils doivent se battre jusqu'à la mort. C'est bien de le redire encore. On n'imagine toujours pas.

 

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 9 Août 2020

Colère, tristesse, angoisse, sentiments ressentis intensément à la lecture de ce premier roman à plusieurs voix, à plusieurs époques. Il y a la grand-mère, la belle-fille, la petite fille. Pas de parole d'homme dans ce roman mais la phrase « Une femme n'est pas un homme » - titre original du livre - revient régulièrement. 

Deya grandit avec ses trois petites sœurs sous le toit de leurs grands-parents paternels. Elle doit faire face à sa condition de femme de dix-huit ans : se marier avec un inconnu choisi par sa grand-mère. Nous sommes aux Etats-Unis en 2008. Une rencontre inespérée et sa grande sensibilité vont la conduire à découvrir des secrets de famille, inavouables pour l'honneur. L'honneur tient une grande place dans cette histoire.

L'idée est de sortir de l'enfermement que consiste à être une femme palestinienne vivant aux Etats-Unis. La tradition arabe asservit dans ce cas précis la femme en lui inculquant la peur, en étant battue par son père puis par son mari. Etre femme est une malédiction et la belle-mère reproche à sa belle-fille de mettre au monde des filles, comme si elle y pouvait quelque chose ! La femme doit être mariée au plus vite pour partir définitivement de sa famille.

Dans toute cette noirceur, la lecture leur apporte un apaisement, une ouverture sur le monde et une parenthèse à leurs malheurs. Ces jeunes femmes n'ont pas le droit d'avoir leurs propres idées, on leur explique toute la journée ce qu'elles doivent penser, depuis qu'elles sont nées. Leur école est un relais et non une ouverture sur d'autres horizons. Jamais elles n'ont de décisions à prendre, ce qui les fragilisent, tout comme aucun droit de sortir seule. Ce serait la honte et elles seraient considérées comme des putains. Cette fragilisation les obligent à rester au sein de leur famille, coûte que coûte, et sont parfois menacées d'en être exclues.

Ce livre est une immense source de réflexion, très accessible, tout en finesse.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

Publié dans #Littérature américaine

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