litterature japonaise

Publié le 18 Avril 2020

Yôko Ogawa maîtrise l'art de construire un univers infernal et original, à partir de faits pouvant être tout à fait réels. Une petite fille meurt brutalement, la mère décide de vivre avec ses trois aînés dans une grande maison un peu abandonnée, entourée d'un parc, avec fontaine et cours d'eau, le tout entouré d'un haut mur de briques. L'endroit appartient au père des enfants.

Seule la mère sort de l'enceinte – protectrice?- pour aller travailler. Dès le premier soir, elle impose à ses enfants de se trouver un nouveau nom désigné au hasard, dans une encyclopédie. Elle leur fabrique des accessoires à porter tous les jours : des ailes pour le dos de la plus grande, une crinière et une petite queue ronde pour les garçons. Elle leur demande de parler très doucement.

Passé la surprise – tout est surprise – il est clair que la folie de la mère est avérée, les enfants n'en ont pas conscience ou ils ne le montrent pas, ils n'ont pas d'autres repères. Ils ne réclament rien, ils ont peur. Ils appliquent toutes les règles imposées, surtout cette interdiction de sortir de la propriété, ils ont peur. Ils doivent se conformer au rythme décidé, comme chanter tous les soirs, ils ont peur.

Les enfants grandissent dans cet univers étroit, mais sans limites pour leur imagination, refuge de liberté. Le père n'apparaît jamais.

Des alternances avec d'autres moments et d'autres personnages apportent un peu de respiration et d'espoir à cette ambiance confinée. Puis tout se mélange, l'imaginaire et le réel, comme une sorte de délire intérieur.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 20 Juillet 2019

Très bien écrit, ce récit ne m'a pas marquée à cause de la personnalité du héros.

Il est peu sympathique, trop compliqué, trop peu résolu à choisir entre toutes les femmes qu'il aime.

Il est incapable d'exprimer ses sentiments et surtout de décider.

 

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 14 Mai 2019

Un ouvrier japonais travaille sur un chantier dans une montagne perdue et lointaine, inaccessible. A cet endroit, se trouve un petit hameau, coupé du monde. Il possède ses règles, ses codes, et ses habitants n'ont aucune envie de contact avec les ouvriers du chantier.

Le récit est celui de l'ouvrier dont on comprend qu'il a choisit ce travail après un séjour en prison. La construction de l'histoire fait une large part au suspens. Il y a une vraie ambiance grâce aux superbes descriptions de la montagne et la retenue des impressions du héros de l'histoire.

C'est très prenant et magnifique.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 29 Avril 2019

Il s'est suicidé et elle comprend qu'elle ne le connaissait pas. Point de départ d'une quête de l'autre dans un univers étrange et parfois fantasmagorique.

Ce deuil est abordé avec une écriture délicate et symbolique.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 11 Février 2019

Tamura est un soldat japonais qui erre sur une petite île des Philippines pendant la seconde guerre mondiale. Son chef le gifle parce qu'il n'est pas resté comme prévu à l'hôpital pour soigner sa tuberculose. Tamura avait reçu cinq jours de nourriture pour avoir le droit de séjourner à l'hôpital. Là-bas, le personnel lui a pris une partie de ses vivres, puis expulsé parce qu'il n'avait plus rien à manger. La règle est simple, pour rester il faut avoir à manger.

Tamura ne dit rien de tout cela à son chef, il obéit en soldat et s'en retourne. Il se sent libre car sa compagnie ne veut plus de lui. Mais il est condamné à mourir de faim.

Résigné, il n'a plus peur et ressent avec force la nature environnante : la forme des collines, la densité de la forêt, le vent des plaines. Devenant faible, la limite entre la vie et la mort devient ténue. Il observe avec détachement la violence de la guerre, toujours vigilant pour sa survie.

Les expériences de toutes sortes, de plus en plus extrêmes, s'enchainent au rythme de courts chapitres, ce qui aide pour reprendre son souffle tant la tension est forte. Ôoka a puisé dans ses propres souvenirs pour cette histoire, ce qui donne un prix encore plus élevé à ce roman singulier.

La fin du roman dénonce avec courage l'absurdité de la guerre, les arrangements avec ses désastres.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 1 Février 2019

Il s'agit d'un joli récit à propos de la nourriture, d'une relation entre une mère et sa fille.

Le style est délicat, plein de poésie, de superbes descriptions.

C'est un peu étrange au sens littéral du terme, comme souvent en ce qui concerne la littérature japonaise.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 27 Janvier 2019

Au soir de sa vie, Fukuzawa Yukichi nous fait un merveilleux cadeau : nous raconter sa vie dans un livre. Ce livre, arrivé jusqu'à nous, est passionnant à plusieurs titres. D'abord l'émotion d'être en « contact direct » avec un Japonais du 19 ème siècle. Il raconte tout en détails : la vie à cette époque, la culture, la société. Les différences avec notre société occidentale contemporaine sont incroyables : pas de police ni de justice, des bateaux achetés aux américains sans contrats ni facture (ce qui crée de mauvaises surprises) et encore moins de récépissé de paiement … Ce récit a beau dater d'une autre époque, il est narré avec un langage fluide, simple, direct.

Fukuzawa raconte les changements de l'époque : le chaos du début de l'ère Meiji, les dangers … et comment il arrive à s'en sortir, lui le complice des Occidentaux puisqu'il a voyagé et rapporté des connaissances de l'extérieur du Japon, fermé pendant deux siècles au reste de l'humanité. Il reste malgré tous les risques fidèle à lui-même, sans concessions, avec une grande compréhension des autres.

C'est un document d'une richesse inouïe, fascinant par toutes ses péripéties et la découverte du Japon à cette époque. C'est unique en son genre mais il faudrait de telles oeuvres pour chaque époque, en tous endroits … racontés par des personnes aussi intelligentes et sensibles que Fukuzawa, un être véritablement exceptionnel.

 

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 11 Décembre 2018

Gros délire plein de fulgurances magnifiques. Il y a des descriptions de paysages de montagne isolée déjà dans présentes dans « Kafka sur le rivage ». L'histoire n'est pas claire mais cela n'a pas d'importance. Ce n'est qu'un prétexte. La fille disparaît, a-t-elle jamais existé ? Ses pouvoirs dus à ses oreilles sont-ils le résultat d'une vraie hallucinationdu héros ?

C'est le lâcher-prise total, Murakami se laisse aller à toutes les expériences, aventures diverses. C'est parfois drôle, touchant, mais reste difficile à lire. Il n'y a pas toujours de cohérence et cela m'a bousculée. Tout ceci a pour but de faire réfléchir sur ce qui compte, dire aux morts ce qu'on avait voulu leur dire par exemple.

Ce livre ouvre d'autres portes, pleines de poésie et de mélancolie. A consommer avec modération car je me suis sentie prise au piège parfois quand je n'arrive pas à me laisser déborder par les fièvres de monsieur Murakami.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 16 Octobre 2018

Ce petit recueil de nouvelles est un délice de lecture. Le style est efficace, direct.

Dans la première nouvelle, un couple se retrouve après une longue séparation forcée de près de huit années. Ils sont encore jeunes, se sont beaucoup aimés mais ils n'ont pu construire leur vie ensemble.

Ils se croisent par hasard et décident d'aller admirer ensemble la première neige sur le mont Fuji. Ils se parlent tout au long du voyage puis à l'hôtel, pleins de respect l'un envers l'autre, de crainte d'aller trop loin, de trop en dire ou trop en faire, une immense délicatesse les unit.

La seconde nouvelle a un thème bien original : un écrivain visite un autre écrivain, bien plus âgé et qui ne communique plus du tout. Sa fille s'occupe de lui. Elle dialogue avec le visiteur, sans bien tenir compte de la présence de son père. Est-ce qu'un écrivain n'existe que par ses écrits ? Est-ce que le père existe encore en quelque sorte ? Voilà la question posée par Kawabata.

La troisième nouvelle et les suivantes sont évanescentes, inattendues. Les dialogues sont directs et ont des sujets saugrenus : la chute irrégulière des feuilles, le nombre de maîtresses d'un père. Des questions sont posées par le maitre de la littérature : à quoi tient une relation ? Une odeur ? Il souligne les lubies, la fragilité d'une relation, tout ce qui nous traverse et la profondeur des liens qui unissent les gens.

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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Publié le 12 Mars 2018

Ce livre est tout à fait à part dans l’oeuvre de Murakami car il ne s’agit pas ici d’une fiction mais le récit des sensations de l’auteur sur la pratique de la course à pied.

Il y a là des pages fascinantes et très intéressantes sur la douleur ressentie pendant cette activité, et il la met en perpective avec la souffrance de l’écriture.

Il cite Raymond Chandler qu’il aime particulièrement et dit à son propos que le grand écrivain américain se mettait toujours à sa table de travail, avec ou sans inspiration.

L’objet central du livre est la discipline, la maîtrise des efforts, de son corps et de son esprit.

En particulier, Murakami raconte une course qui se déroule au Japon. Le parcours est de cent kilomètres, à effectuer sous une chaleur étouffante. Il raconte toutes les sensations qu’il ressent, occasion unique pour quelqu’un qui ne court pas pour comprendre ce qui peut être vécu par un coureur et ce qui le pousse à recommencer. Il révèle une force intérieure qui doit aussi l’aider dans son métier d’écrivain. Il dit qu’au 75ème kilomètre, il est passé « à travers la chose ».

 

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Rédigé par Hélène Daumas Objectif Livre

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